Pour gagner, d’abord se battre

Ne jamais baisser les bras : cela a toujours été un des leitmotivs de notre action syndicale. Contester. Combattre. Lutter, même quand la situation paraît désespérée. Agir. Et ça marche.

Edito de Nico Cué, 30/05/2011.

Ce qui s’est passé dans le cadre des dernières négociations sectorielles en fabrications métalliques (CP 111) le démontre à merveille.

Tout est parti de l’accord interprofessionnel 2011-2012. Un accord tout à fait imbuvable, probablement le pire que j’aie jamais vu dans ma vie de syndicaliste. La FGTB l’a refusé, tandis que la CSC l’acceptait, avec une sorte de fatalisme, ou plus exactement au nom d’une définition du « réalisme » qui confond le sens de la responsabilité syndicale et l’acceptation aveugle des règles de l’ultralibéralisme.

Nous étions seuls ? Qu’à cela ne tienne, nous avons mobilisé. Avec force, et nous avons tous pu mesurer, lors des actions de grèves et de manifestations que nous avons menées en mars, à quel point la mobilisation était significative, à quel point nous avions encore une capacité de rassembler.

Un syndicat de masse, soudé au monde du travail

C’est d’ailleurs une de nos grandes forces : votre soutien, le soutien des travailleurs qui nous permet de mener des actions très suivies dont l’impact est évident. Nous sommes et nous devons rester un syndicat de masse, soudé au monde du travail, et pas devenir une équipe de techniciens peut-être brillants, mais déconnectés de vos réalités. C’est parce que nos structures et notre organisation démocratique nous font chaque fois revenir à la base que nous pouvons défendre, à tous les niveaux, ce qui est la volonté des gens.

C’est cela, aussi, qui a fait réfléchir les patrons, et qui a abouti à l’accord que nous avons obtenu en CP 111. L’organisation patronale, Agoria, a compris que si elle en restait aux termes de l’accord interprofessionnel, elle se préparait deux années d’enfer. Elle a compris que nous avions les moyens de tenir jusqu’à ce nous obtenions satisfaction.

Pourtant, dès le départ, les patrons s’étaient montrés particulièrement arrogants, bloquant tout et refusant même les évidences. Leur revirement, qui a abouti à cet accord, n’a au fond qu’une seule explication : notre décision de ne pas renoncer et la preuve, que nous avons apportée, que nous étions capables, une fois encore, de résister.

Oser le combat, refuser de capituler

Nous en sommes ainsi arrivés à un projet d’accord qui, sans doute, reste un compromis avec ses imperfections. Mais il faut admettre que le texte préparé pour la CP 111 va bien au-delà du scandaleux minimum qu’on a cherché à nous imposer, avec la complicité du monde politique et de la CSC. Il contient plusieurs avancées significatives pour le pouvoir d'achat, dont une enveloppe supplémentaire - en sus des 0,3% de l'AIP - à négocier au niveau provincial. En cohérence avec son projet politique, et grâce à la mobilisation des travailleurs, la MWB est en effet parvenue à obtenir une réelle alternative au fonds de pension, sur base de nos valeurs de solidarité.

Avancées également en termes de sécurité d'existence, de formation professionnelle, d'indemnités de mobilité, etc. En outre, l'allongement des délais de préavis a été décidé dans le cadre du rapprochement des statuts. Enfin, tous les accords de prépension sont prolongés.

Des avancées qui ont amené les militants MWB-FGTB de la commission paritaire 111, réunis le 27 mai dernier, à approuver, à 74,7%, ce préaccord sectoriel. C'est le résultat de la démocratie, notre valeur de base. Mais aussi de notre détermination et de notre capacité d'action, comme nous l'avons démontré les 4 et 24 mars dernier, qui renforcent notre projet, nos orientations, et la MWB dans son ensemble.

Bien sûr, tout n’est pas clôturé pour autant. Doivent désormais s’enclencher des négociations au niveau des entreprises. Mais nous nous rendrons à ces discussions juchés sur un socle beaucoup plus solide. Et au-delà, il y a les redoutables menaces que font peser les projets européens sur nos pratiques sociales.

Et puis il y a, au bout d’une ligne droite d’un an, les élections sociales. Nous devons utiliser, sur le terrain, les résultats de cet accord et les comparer à ce qui se serait produit si, comme d’autres, nous avions capitulé.

Le combat syndical n’est jamais fini, mais au moins faut-il l’entamer et le mener. En CP 111, la MWB et nos camarades flamands de l’ABVV-Metaal viennent, une nouvelle fois, de le démontrer. Seuls.

Nico Cué, Secrétaire général de la MWB-FGTB