Les représentants d’ARMASTEEL ne désarment pas !

Les représentants d’ARMASTEEL ne désarment pas !

Située à Wavre, l’entreprise ARMASTEEL, spécialisée dans la fabrication d’armatures en acier et autres éléments préfabriqués pour béton armé, était passée aux mains du groupe COLOMBUS STEEL en 2013. Depuis les choses se sont dégradées pour les travailleurs. Nous sommes allés à la rencontre des représentants MWB-FGTB d’ARMASTEEL.

14/07/2017

Le « dumping social » est un véritable fléau. Nous le savons. Les travailleurs de nos secteurs en font quotidiennement les frais.  Prenons l’exemple de l’entreprise ARMASTEEL. En 2013, nous avions déjà donné la parole aux délégués MWB-FGTB. Près de 4 ans plus tard, la situation s’est fortement  dégradée.  Le camarade  Benjamin BUSTO revient sur les évènements vécus dans l’entreprise depuis la dernière carte blanche.  

Depuis 2013,  l’ex-filiale d’ARCELOR qui était passée entre les mains du groupe COLOMBUS STEEL, avec à sa tête Frans Rombouts et Eddy Verrésen, deux patrons qui n’ont aucune considération pour la concertation sociale, n’a cessé d’instaurer un climat de méfiance à l’égard des représentants des travailleurs,  tout en menant une politique de «dumping social».

Dès le départ, en quelques semaines, 5 travailleurs avaient été licenciés sans respect de la procédure de  concertation.  Sur les 38 ouvriers, il n’en reste plus que 11 à ce jour.  Non pas que l’entreprise se porte mal sur le plan économique, que du contraire  elle se porte bien!  Le carnet de commande est toujours bien fourni.  La volonté de la direction a clairement toujours été de sous-traiter ses activités, afin de réaliser davantage de profits.  Ils ont licencié  les travailleurs au compte-goutte,  afin de contourner la législation en matière de licenciement collectif.  L’entreprise a remplacé les travailleurs licenciés par des indépendants et des sous-traitants provenant des  pays de l’Union Européenne, mais  également d’hors UE.   Ces travailleurs sont exploités au mépris de la législation sociale sur la durée du temps de travail et des conditions de travail.   Pour arriver à ses fins,  la direction a également  « forcé » des travailleurs à devenir indépendants sous peine de perdre leur travail ; et n’a pas remplacé  les travailleurs partis  en pension anticipée par  des CDI.   Au total, à ce jour, une vingtaine d’emplois ont été remplacés par de la sous-traitance et des indépendants.  

Ces travailleurs sont exploités, malléables à souhait.  Ils travaillent 7 jours sur 7.  Ils font en moyenne 3 fois plus d’heures que l’horaire légal.  Tous les 3 mois ils doivent rechercher un permis de travail.  Il va sans dire que les lois sociales sont bafouées et qu’il est très difficile d’en contrôler le respect  depuis que la délégation syndicale a été évincée en raison d’un seuil de travailleurs ne donnant plus droit à une délégation syndicale.  En effet, les indépendants, les sous-traitants ne sont pas repris dans le registre du personnel et ne font pas partie du personnel pour atteindre le seuil qui donne droit à une représentation syndicale.

Pour tenter de sortir de l’impasse, les FGTB a souvent fait appel à l’inspection, 3  fois au moins. Mais sans aucun avancement du dossier. Il est vrai que l’inspection sociale manque d’effectif, et avec le nombre croissant de cas similaires de sociétés faisant du dumping social, le contrôle devient très difficile.  Les employeurs respectent le « strict minimum », il n’est pas évident de les mettre en défaut, à condition de faire des « descentes » à l’improviste et des visites plus fréquentes.  

Mais la FGTB-MWB tient à poursuivre le combat.  Et notre objectif est clairement de faire intervenir l’inspection par rapport à la problématique de l’hygiène (WC, toit fissuré, locaux délabrés, problème de chauffage,…).  «  Quand il pleut, tout est « mouillé », explique BUSTO.   Depuis qu’il n’y a plus de délégation syndicale, tout s’est dégradé. Le « dumping social » est une réalité à laquelle nous devons trouver une parade !
Il faut une représentation syndicale dans ces petites entreprises où les

seuils ne sont pas atteints, mais où travaillent des indépendants et des sous-traitants. Le problème n’est pas du côté du travailleur qui vient de loin pour nourrir sa famille, mais du côté du patron «  voyou » qui exploite sans vergogne ces travailleurs au mépris des règles existantes.  

Les intérêts des travailleurs restent notre priorité !

Représentants MWB-FGTB d’ARMASTEEL