Déclaration de principes

Mis à jour: 10/12/2009.

Déclaration de principes de la FGTB

1. Emanation directe des forces laborieuses organisées, la FGTB proclame que
l’idéal syndicaliste, visant à la constitution d’une société sans classes et à la
disparition du salariat, s’accomplira par une transformation totale de la société.

2. Née de la lutte des classes, elle tient à souligner l’évolution de celle-ci en une
lutte non moins vigoureuse de l’ensemble des producteurs contre une oligarchie
bancaire et monopoliste, devenue maîtresse souveraine de tout l’appareil de
production.

3. Dans un esprit d’indépendance absolue vis-à-vis des partis politiques et
respectueuse de toutes les opinions, tant politiques que philosophiques, elle affirme
vouloir réaliser ses buts par ses propres moyens et en fai sant appel à l’action de tous
les salariés et appointés en particulier et de toute la population en général, les
intérêts tant moraux que matériels de la très grande majorité de celle-ci étant
identiques ou paral lèles à ceux des ouvri ers, employés et techni ciens.

4. Le mouvement syndical acceptera le concours du ou des partis qui joindront leur
action à la sienne pour la réalisation de ses objectifs sans se considérer obligé à leur
égard et sans qu’ils puissent s’immiscer dans la conduite de l’action syndicale.

5. Le mouvement syndical veut réaliser un véritable régime de justice sociale visant
à situer chacun à sa place dans la société. Pour assurer à chacun, en fonction de
son travail et de ses besoins, la part de richesses qui lui revient, il déclare qu’il est
indispensable de compléter la démocratie politique par une démocratie économique
et sociale. A cet effet, il entend que le travail, créateur de toutes les valeurs et source
de tous les biens, soit enfin considéré comme facteur primordial, les autres facteurs
n’étant que subordonnés ou parasites.

6. Ses origines, son caractère et les permanences de son idéal, le désignent pour
être l’élément moteur principal de cette révolution constructive.

7. Dans un esprit de justice, il répudie formellement les fausses valeurs, comme les
droits de naissance et d’argent, consacrées par le régime capitaliste. De l’exploité,
réduit à vendre sa force de travail, il veut faire un libre participant à l’oeuvre commune
de production.

8. Il s’attachera dès lors, selon ses conceptions à amener la création d’organismes
dont le but final doit être de donner aux forces de travail la gestion de l’économie
transformée au bénéfice de la collectivité.

9. Le syndicalisme n’entend pas supplanter les partis dans leur action politique. C’est
en leur qualité de producteur qu’il fait appel aux travailleurs, car c’est de leur
condition économique que dépendront leurs perspectives de développement social,
intellectuel et culturel.

10. Pour mener à bien cette tâche émancipatrice, il ne doit avoir à subir aucune
contrainte, c’est pourquoi il se refuse à son intégration à quelque degré que ce soit,
dans un quel conque système corporatif.

11. Le syndicalisme accepte l’idée de nation et, dans le cadre d’une démocratie
politique, économique et sociale, il prendra ses responsabilités, en vue du maintien
et du renforcement de la démocratie.

12. Il estime que la socialisation des grands trusts bancaires et industriels s’impose
et qu’il convient également d’organiser, diriger et contrôler le commerce extérieur.

13. Rejetant l’idée de la gestion étatique ou bureaucratique, il entend que la gestion
des entreprises nationalisées soit confiée aux travailleurs (techniciens, employés et
ouvriers) et aux consommateurs, préalablement organisés au sein de Conseils de
direction et de coordination de l’économie nationale.

14. Le mouvement syndical belge poursuivra la réalisation de ses buts et objectifs en
collaboration avec les organismes syndicaux internationaux se réclamant de la
démocratie.

15. Afin de libérer le travailleur de la crainte sociale et de lui donner la garantie qu’en
échange de son labeur, il sera prémuni contre les fléaux et les maux résultant de sa
condition, le mouvement syndical défend non seulement les réformes de structure et
la transformation de la société capitaliste mais aussi les revendications immédiates
des travailleurs. Conscient de la grandeur de sa mission humanitaire, le syndicalisme
se déclare apte à mener à bien ces tâches multiples, car il forme par le bloc
indivisible des forces du travail, l’un des éléments de base de la société de demain.