Pensionnés et prépensionnés

Pensionnés et prépensionnés

Mis à jour: 31/03/2011.

Nouveau powerpoint réalisé par la MWB sur les pensions

Répartition contre capitalisation : un réel enjeu de société !

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Attaque à l'encontre des travailleurs prépensionnés: nouvelle provocation inacceptable de la part des employeurs

Communiqué de presse de la FGTB - 14 juillet 2010

La FEB trouvera la FGTB à ses côtés pour mettre en place une relance économique créatrice d'emplois mais la trouvera sur son chemin si la Fédération des entreprises s'attaque aux travailleurs actifs ou inactifs, dont les prépensionnés.

Pour la FGTB, se focaliser sur les plus de 50 ans est une nouvelle provocation alors que les entreprises n'embauchent pas ces travailleurs.

Selon le "Steunpunt Werk & Sociale Economie" de la KUL, la part des travailleurs âgés dans la population active totale a augmenté, tandis que l'embauche de quinquas diminue.

En outre, ils sont 2.027.000 Belges à avoir entre 50 et 64 ans. Et seulement 6% d'entre eux sont prépensionnés. Et 2.633 prépensionnés, soit 0,13% de la catégorie de la population âgée de 50 à 64 ans, sont aujourd'hui des prépensionnés qui ont été licenciés avant l'âge de 58 ans dans le cadre d'une restructuration (chiffres de l'ONEm). Ils participent à une cellule pour l'emploi et doivent rester disponibles pour le marché du travail sauf s'ils justifient d'une carrière de 38 ans au moins.

Il est à noter que ces chiffres étaient en diminution mais la crise, et son cortège de restructurations, a fait augmenter dramatiquement ce nombre.

Ainsi, si l'on veut augmenter le taux d'emploi et répondre aux offres d'emplois, il ne faut pas se focaliser sur l'emploi des plus âgés. Il y a en effet une réserve considérable de main d'oeuvre à aller chercher du côté des jeunes, des femmes et des travailleurs issus de l'immigration.

Enfin, les prépensionnés coûtent 50 à 100% moins cher à l'Etat fédéral que s'ils avaient été mis au chômage. En effet, le coût pour la collectivité, et pour la sécurité sociale, est nettement moindre parce qu'il y a, de la part de l'employeur et du travailleur, versement de cotisations sociales et perception d'impôt. 
 
Ce qui est choquant pour la FGTB, ce n'est pas d'assurer une protection minimale aux prépensionnés, c'est qu'on licencie les travailleurs âgés après de nombreuses années de loyaux services en leur octroyant une aumône, en les mettant pour le reste de leur vie à charge de la sécu et en les confinant dans un très mauvais statut social.

Pour la FGTB, il est hors de question de toucher aux prépensions. Et elle n'est pas dupe: le fond du problème, c'est que les employeurs veulent économiser le complément qu'ils doivent verser quand ils licencient.

FGTB, 14 juillet 2010

Quelle pension pour demain ?

Alors qu'une Conférence nationale sur les pensions est prévue cette année, les pensionnés et prépensionnés de la MWB-FGTB tiennent à faire connaître leur analyse et leurs revendications. Ci-dessous, un texte qui a fait l'objet d'une carte blanche dans le journal Syndicats du 10 mars 2009.

Aujourd’hui, un nombre croissant des aînés vit en dessous du seuil de pauvreté : 20,3% des pensionnés vivent avec moins de €868 par mois pour un isolé et €1.302 par mois pour un ménage sans enfant.  Ce qui nous place dans le peloton de queue au niveau des pays de l’Europe des 15.

Le gouvernement a convoqué cette année une Conférence nationale des Pensions. Avec quels objectifs, et quels résultats ? Le nombre de personnes âgées est croissant, ignorer cette tendance serait suicidaire. Concrètement, le coefficient de dépendance dépassera les 30% en 2020, pour atteindre les 45% aux alentours de 2050.  Alors que, sur la même période, le nombre de personnes en activité, et notamment le nombre de jeunes, sera lui en diminution. Tout le monde s’accorde donc pour dire que si aucune mesure n’est prise aujourd’hui, la sécurité sociale ne pourra pas supporter ce choc.

Voilà les arguments : « Allez, tous autour de la table. Il faut réfléchir pour le futur et trouver une solution maintenant ! » Mais prudence ! A chaque fois que se profilent de telles grand-messes, ce n’est jamais bon pour nous. Les premières réunions ont démarré. Mais de quoi discute-t-on ? D’un nouveau calcul de notre pension pour demain ? Avec ou sans prise en compte des  jours assimilés (nous pensons aux prépensionnés, aux temps partiels, à ceux qui ont été victimes d’une restructuration et qui n’ont pas su retrouver un emploi, et qui se retrouvent donc au chômage…) ? D’une prolongation de l’âge de la pension au delà de 65 ans, comme c’est déjà le cas dans certains pays de l’Union européenne ? De la garantie de nos soins de santé ? Du refinancement du fonds de vieillissement ? D’une nouvelle cotisation spéciale pension pour un pilier « bis » ? De la suppression des avantages accordés fiscalement aux 2ème  et 3ème piliers ?

Les promoteurs de cette conférence sur les pensions vont- ils vraiment tenir compte des réalités que vivent aujourd’hui les pensionnés ? L’effort qui vient d’être fait d’augmenter certaines pensions sera-t-il suffisant pour garantir une pension décente ? Quel sera le plancher à ne pas atteindre, en-dessous duquel vivre ses jours de pensionné devient un calvaire ?

Les chiffres font mal : parmi les 14,7% de pauvres en Belgique (1 personne sur 7 !), les plus de 65 ans représentent 20,3% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté.
Basta à la régression !

Pour eux, chaque jour, c’est la même angoisse qui recommence. Comment ne pas se retrouver isolés socialement avec des revenus aussi dérisoires ? Inviter des amis, aller au restaurant, au cinéma, partir une semaine en vacances, faire des cadeaux aux petits enfants… Autant de choses simples qui deviennent impossibles.  Il ne reste plus qu’a gérer sa propre précarité, sa propre incertitude. Les factures arrivent, il faut les honorer. Le loyer, l’électricité, le gaz, l’eau, il faut payer. Et après… Après, c’est là que les choix sont douloureux. Il faut se soigner, se nourrir, prendre ses médicaments. Ceux-ci sont de plus en plus chers et pas tous remboursés par l’INAMI. Pourvu que l’on ne tombe pas malade. Un espoir, un vœu, mais nous savons tous, parce que nous avons un parent proche âgé, ou le parent d’une de nos connaissance, que le risque est plus grand de tomber malade à partir d’un certain âge. Alors que plus on avance en âge, plus le risque augmente…
C’est bien pour cette raison que les assurances, si tu n’es plus tout jeune mais pas encore assuré, ne veulent plus te prendre en charge. Alors, le seul soutien qu’il te reste, c’est ta famille, tes enfants.

Ta famille ! Elle qui vient de subir ces derniers mois une perte au niveau de son pouvoir d’achat. Si l’on compare cette situation dramatique vécue par de nombreux pensionnés avec les cadeaux que le gouvernement vient de faire aux actionnaires… sans commentaire. Bien sûr, comme toujours, nous sommes les parents pauvres. Mais où est la gauche sociale ? Que sont devenues nos valeurs ? Il est plus que temps de retrouver notre fil conducteur, celui qui a été à l’origine des conquêtes sociales. Assez, basta à la régression!

Renforcer le premier pilier de pension !

« Mettre tout à plat », voilà ce que le gouvernement veut faire. Eh bien, mettons les choses à plat ! Le gouvernement a pu donner € 22 milliards pour les banques et les assurances en quelques heures, alors que pour allouer 1 milliard aux allocataires sociaux, pour le pouvoir d’achat et la vie chère, il aura fallu une grande et poussive concertation sociale.

Que dire, que penser ? Un pensionné, avec une pension de 1000 euros, paie autant d’impôts qu’une entreprise (celle-ci, après les cadeaux faits par M. Reynders via les intérêts notionnels, ne paiera en réalité que 20 à 22% d’impôts). C’est absurde !

Cet avantage fiscal coûte à l’Etat 430 millions d’euros par an. En deux ans, c’est plus où moins l’équivalant de ce qui a été donné par le gouvernement, via l’accord interprofessionnel, aux allocataires sociaux. Maintenant, ce sont donc les allocataires sociaux qui financent les aides accordés aux plus nantis. Merci M. Reynders!

Oui, mettons les choses à plat. A combien se chiffrent toutes ces primes accordées à tous ces mauvais gestionnaires pour qui nous allons tous devoir payer ? Voyez la dette publique en augmentation. Tous les efforts qui ont étés consentis ces dernières années n’ont servi à rien.

Pensionnés, travailleurs actifs, même combat!

Après une carrière professionnelle bien remplie dans des conditions de travail parfois extrêmes, après avoir laissé sa santé au travail, n’a-t-on pas droit à une retraite méritée? Ce n’est pas toujours le cas… Notre pension ne représente plus que 33,3% du salaire moyen. D’après le rapport de l’Office national des Pensions, l’augmentation moyenne de nos pensions a varié de 0,87 à 1,97% depuis 1997. Entre 1997 et 2005, la progression n’a été que de 1,34%, et entre 2006 et 2009 de 0,87%. Soit une diminution de 0,47% !

Au niveau de l’OCDE, nous sommes un des derniers pays à avoir des pensions aussi faibles.
La Commission des pensionnés et prépensionnés de la FGTB Métal de Liège estime que toute personne qui accède à la retraite a le droit de bénéficier d’une pension décente. On doit pouvoir vivre sans que le statut de pensionné soit synonyme de recul social, de rupture sociale.

Cette conférence nationale sur les pensions ne doit pas être l’occasion pour certains de s’attaquer encore un peu plus au statut des pensionnés et d’affaiblir la pension légale, sous prétexte de problèmes existants. Nous craignons que cette conférence ne rencontre pas nos revendications, c'est-à-dire le renforcement du premier pilier de pension. C’est pourtant une revendication forte, que notre syndicat doit porter et défendre, en y mettant les moyens. C’est une question de justice sociale et de solidarité!

La FGTB doit mettre à la disposition de tous ses délégués une formation sur cette question centrale des pensions. Nous devons faire de cette conférence un combat syndical de solidarité : jeune aujourd’hui, pensionné demain. Ce sont les aînés qui se sont battus pour la défense des droits acquis, ce sont les actifs et les aînés qui, ensemble, doivent mener ce combat pour une meilleure pension, aujourd’hui et demain.

Manuel Rodriguez, pour le Comité des Pensionnés et Prépensionnés du Métal de Liège.

NB : Retrouvez les analyses et les revendications des pensionnés et prépensionnés de la MWB en vidéo dans la rubrique "Paroles de militants".

« Pensionnés, travailleurs actifs, même combat ! » (13 mn.) Voir la vidéo : cliquez ici !

« Parfum de révolte : la colère de Marcel D’Hondt » (6 mn.) Voir la vidéo : cliquez ici !