Rien n’est trop beau pour elles mais elles ne sont jamais contentes

Elles ? Les entreprises bien sûr ! Leurs propriétaires, leurs lobbies, leurs admirateurs zélés… Ce que la main droite de l’Etat leur réclame en termes de fiscalité, sa main gauche leur rend sous forme de subsides fiscaux ou parafiscaux. Le tout au nom de la compétitivité internationale, vache sacrée de la mondialisation libérale.

Edito de Nico Cué, 1/12/2017.

(siehe Deutsche Fassung unten)

Travailleurs et consommateurs sont, dans ce schéma des animaux de basse-cour : dindons de cette farce et cochons payeurs. Ils douillent pour elles. Pour eux, c’est juste l’inverse : la main de droite est de plus en plus lourde, et la gauche, de plus en plus légère…

Globalement, les entreprises profitent de toutes les infrastructures publiques : les voies de communication, la formation des travailleurs, le maintien de la sécurité collective pour ne citer que trois exemples. Et tout cela gratuitement. En effet, les entreprises sont remboursées de la quasi-totalité de leurs impôts via les subsides et les cotisations patronales. Les cadeaux fiscaux et parafiscaux sont en effet équivalents aux quelque 13 milliards d’un impôt sur les sociétés (ISOC) qui vient d’être réformé.

Les profiteurs, ce sont elles !
Cette réforme devait être budgétairement neutre. Elle ne le sera pas de sitôt si on en croit le rapport du la Cour des Comptes qui égratigne le budget 2018 en laissant entendre que le gouvernement a, une fois de plus, sérieusement mélangé ses pinceaux dans ses calculs. Michel 1er honore ainsi sa réputation de gouvernement le plus calamiteux… Sur le plan budgétaire au moins.

Les largesses publiques à l’endroit des sociétés privées devraient interpeller les tenants de l’idéologie libérale. D’un point de vue éthique, elles soulèvent, dans tous les cas, quelques questions délicates. Dans un système féodal, ce type de transfert net entre suzerain et vassaux pourrait s’expliquer. En démocratie, c’est plus difficile à justifier. Qui serait le vassal de qui ?

Alors que le pouvoir d’achat net des travailleurs recule depuis la crise financière de 2008, celui des propriétaires des outils industriels tel qu’il s’exprime dans l’évolution des dividendes ne cesse de croître. On nous dit que le travail coûte trop cher. La rémunération des propriétaires jamais !

Arrive donc le moment où les subsides publics vont dépasser la contribution des entreprises aux besoins collectifs. Il faudra alors considérer que l’Etat paye, pour partie au moins, le revenu des détenteurs de capitaux dans les entreprises. Or travailleurs et consommateurs, qui sont globalement les mêmes, sont les contributeurs essentiels des finances publiques. Les travailleurs commenceraient ainsi à rémunérer indirectement les propriétaires des outils sur lesquels ils produisent la richesse !

Est-ce vraiment le monde à l’envers ? Certains s’étonnent  naïvement de la résurgence du concept de lutte des classes… D’un point de vue moral, cette situation ne semble pas moins scandaleuse que les voies de l’optimisation fiscale dénoncées par les « Paradise papers ». Pourtant, elle ne suscite pas la même indignation. Faut-il souligner que les mécanismes dénoncés sont rarement usités pour éviter la fiscalité sur le travail ?
Qui sont les profiteurs ? Dans quel camp de la lutte des classes, du côté de quels intérêts, ceux du travail ou ceux du capital ?

Paradis fiscal pour les profits
La presse économique et financière s’est fait récemment l’écho d’une étude de la société de consultance Pwc pour la Banque mondiale sur le niveau de « taxation global frappant le profit des entreprises à travers le monde ». Les gros titres s’offusquent que la Belgique tienne le haut du classement, le « deuxième pays européen où les charges sur les entreprises sont les plus lourdes » . Le taux de taxation global belge serait de 57,1%. Seule la France ferait pire ou mieux, c’est selon, avec 62,2%. Un taux de prélèvement soviétique ?
Les opérations du tax-shift et la réforme de l’Isoc nous permettrait de reculer dans le classement derrière l’Autriche, la Grèce et la Slovaquie. Voilà des données qui semblent infirmer la disparition d’une contribution nette des entreprises au financement de l’Etat.

Cherchons l’erreur…
En réalité, l’étude considère la taxation du travail… comme partie intégrée d’une taxe globale sur les profits ! Or sur le score de 57,1%, les impôts sur le bénéfice ne pèsent que 10,3% contre 46,2% les « charges pesant sur le travail »… Et un solde de 0,6% d’ « autres taxes ». En isolant les seules taxes sur les profits, la Belgique se classe sur le haut du pavé, derrière le Luxembourg et la Suisse. Confirmant ainsi son statut de paradis fiscal pour les entreprises et d’enfer pour les revenus du travail ! Tax-shift et réforme de l’Isoc ne changeront rien à cette réalité.

Nico Cué
Secrétaire général

 

Nichts - aber auch gar nichts - ist gut genug für sie


Sie? Die Unternehmen natürlich! Ihre Eigner, Lobbys, eifrige Bewunderer... Was die rechte Hand des Staates in Form von Steuern abverlangt, gibt die linke Hand In Form von steuerlichen und steuerähnlichen Zuschüssen zurück. Alles im Namen der internationalen Wettbewerbsfähigkeit, der heiligen Kuh der liberalen Globalisierung. Arbeitnehmer und Konsumenten sind in diesem System nur auszuschlachtendes Kleinvieh, das zur Kasse gebeten wird. Für sie gilt das Gegenteil:  die rechte Hand wird immer schwerer, die linke immer leichter...


Insgesamt profitieren Unternehmen von sämtlichen öffentlichen Infrastrukturen: Kommunikationswege, Qualifizierung der Arbeitskräfte, Fortbestand der kollektiven Sicherheit, um nur einige zu nennen. Und alles völlig gebührenfrei. Das gesamte Steueraufkommen der Unternehmen wird quasi gänzlich über Zuschüsse und Arbeitgeberbeiträge rückerstattet. Die steuerlichen und steuerähnlichen Geschenke entsprechen tatsächlich den knapp 13 Milliarden Körperschaftssteuern (ISOC), die gerade einer Reform unterzogen wurden.

Sie sind die Profiteure!
Diese Reform müsste eigentlich haushaltsneutral sein. Dies wird jedoch so bald nicht der Fall sein, wenn man dem Bericht des Rechnungshofes Glauben schenkt, der zum Haushalt 2018 feststellt, dass sich die Regierung – ein weiteres Mal – verrechnet hat. Michel I. macht dem katastrophalen Ruf seiner Regierung alle Ehre… zumindest aus budgetärem Gesichtspunkt.   
Die Großzügigkeit der öffentlichen Hand gegenüber den Privatunternehmen müsste die Anhänger der liberalen Ideologie eigentlich nachdenklich machen. Allein aus ethischer Sicht wirft sie heikle Fragen auf. In einem Feudalsystem wäre dieser Nettotransfer zwischen Herrscher und Vasall zwar nachvollziehbar aber in einer Demokratie? Wohl kaum. Und - wer ist hier eigentlich wessen Vasall?  

Während die Nettokaufkraft der Arbeitnehmer seit der Finanzkrise im Jahr 2008 schrumpft, spiegelt die Dividendenausschüttung eine stetig wachsende Kaufkraft der Besitzer der Betriebsmittel wider. Es heißt, die Arbeit sei zu teuer. Die finanzielle Vergütung der Unternehmenseigner ist jedoch nie zu hoch!  

Irgendwann kommt der Moment, an dem die öffentlichen Subsidien den Beitrag der Unternehmen zur Stillung des kollektiven Bedarfs überschreiten. Dann muss man erwägen, dass der Staat das Einkommen der Kapitaleigner in den Unternehmen zumindest teilfinanziert. Die Arbeitnehmer und Konsumenten, die überall dieselben sind, leisten jedoch den größten Beitrag zur öffentlichen Finanzierung. Die Arbeitnehmer würden dann also die Besitzer der Anlagen, mit denen sie Reichtum erzeugen, indirekt bezahlen!

Verkehrte Welt? Manche äußern naiv ihre Verblüffung über die Wiederkehr des Klassenkampfkonzepts… Aus moralischer Sicht ist diese Sachlage nicht weniger skandalös als die im Rahmen der « Paradise Papers » aufgedeckte Steueroptimierung. Trotzdem löst sie keinen Sturm der Empörung aus. Muss wirklich daran erinnert werden, dass die offengelegten Verfahren weniger verbreitet sind, um die Besteuerung der Arbeit zu umgehen?
Wer profitiert? Auf welcher Seite des Klassenkampfs und im Namen welcher Interessen – der Arbeit oder des Kapitals?

Steuerparadies für Gewinne
Die Wirtschafts- und Finanzpresse verbreitete kürzlich eine Studie des Beratungsunternehmens PwC für die Weltbank zur Höhe der « globalen Besteuerung der weltweiten Unternehmensgewinne ». Die Zeitungen wundern darüber auf, dass Belgien als « zweites europäisches Land mit der höchsten Unternehmensbelastung »  an der Spitze der Rangordnung steht. Der globale Steuersatz in Belgien erreiche 57,1%. Nur Frankreich schneide mit 62,2% schlechter – oder besser –ab. Eine Steuerquote nach sowjetischem Modell?

Tax-Shift und ISOC-Reform sollen uns nun ermöglichen, in der Rangfolge auf einen Platz hinter Österreich, Griechenland und die Slowakei zu rutschen. Diese Angaben sollen den Wegfall des Nettobeitrags der Unternehmen zur öffentlichen Finanzierung verneinen.

Irgendetwas stimmt hier nicht…
In Wirklichkeit wird die Besteuerung der Arbeit in der Studie als integraler Bestandteil einer globalen Gewinnsteuer berücksichtigt! Die Gewinnsteuer erreicht bei den 57,1% nur einen Anteil von 10,3% gegenüber 46,2% « Arbeitsbelastung »… Der Saldo von 0,6%  setzt sich aus  « sonstigen Gebühren » zusammen. Wird die Gewinnsteuer separat betrachtet, liegt Belgien gleich hinter Luxemburg und der Schweiz, und bestätigt seine Stellung als Steuerparadies für Unternehmen und wahre Hölle für die Einkünfte aus der Erwerbstätigkeit! Tax-Shift und ISOC-Reform ändern nichts an dieser Realität.  

Nico Cué
Generalsekretär