L’effacement des femmes annonce un fascisme qui (re)vient…

Plus inconnue que le «soldat inconnu», il y a sa femme. Sa fille. Ou sa mère… L’homme le plus pauvre du pays est une femme, chef de famille monoparentale. La misère au féminin est refoulée. Cachée. Invisible ?

Edito de Nico Cué, 3/03/2017.

(siehe Deutsche Fassung unten)

Les conditions économiques d’un retour de flammes fasciste sont réunies. La financiarisation de l’économie est la source d’un chômage de masse. La part des bénéfices des entreprises consacrée à la rémunération du capital est énorme : 87% au cours des exercices entre 2013 et 2015 pour les entreprises non financières belges qui publient leurs comptes à la BNB (chiffre AFIN-A) ! L’investissement pour des projets porteurs d’emploi est délaissé et les moyens sont orientés vers la rémunération du seul capital. Emplois et salaires sont devenus les seules variables d’ajustement de la compétitivité sur des marchés mondialisés. Le sentiment d’une dépossession des clés de nos vies grandit. L’idée démocratique recule.

Les conditions politiques de l’immonde résurgence sont aussi là. La survenue sur la scène politique de douteux aventuriers, certes portés par les urnes, mais dont la politique dessert les intérêts de leurs électeurs annonce une nouvelle ère déraisonnable. Par ailleurs, les rapports douteux à l’argent d’une frange de la classe politique crée une tension fébrile entre ceux de qui tous les efforts sont exigés et ceux qui les imposent en se vautrant dans des « accommodements » spécieux  avec l’éthique, l’argent public ou les deux. Ce climat n’est pas propice aux approfondissements démocratiques.

Les conditions sociales d’un retour des loups dans la ville sont tout aussi clairement présentes. L’incapacité des mouvements sociaux et singulièrement des organisations syndicales à placer le niveau de résistance à hauteur des agressions en est la démonstration. Mais l’indicateur le plus sérieux d’un fascisme qui revient, c’est la manière dont la place des femmes est traitée, envisagée, considérée. Dans le silence des pantoufles, des droits fondamentaux reculent ; ceux ravis pour la maîtrise de leur corps, ceux arrachés petitement dans la sphère privée, ceux conquis pour une participation pleine à la vie active et à la citoyenneté… Ces régressions annoncent toujours des bruits de bottes !

L’égalité des genres, une revendication qui s’éloigne !
La domination qui s’exerce sur les travailleurs dans le système capitaliste se double, pour les femmes, des effets induits d’un patriarcat dont nous ne sortons pas.

Les ouvrières consacrent encore, dans l’intimité de la sphère privée, deux fois plus de temps que leur conjoint aux tâches domestiques. Cette réalité pèse évidemment sur les conditions de leur inclusion dans le monde du travail. Elles sont la chair à canon des politiques de flexibilité mise en œuvre par le patronat mais jamais pour concilier vie de famille et vie professionnelle. Ainsi sont-elles les vacataires d’un système de « temps partiel » contraint qui fournit des rémunérations partielles et ouvre des droits fragmentaires. Les femmes ont été très majoritairement les victimes invisibles de l’exclusion du chômage en 2015. Titulaires massives de postes de travail à temps réduit, elles sont le cœur de cible des réductions de moitié des allocations complémentaires de chômage (allocations de garantie de revenu). Pire, elles sont de plus en plus nombreuses à renoncer silencieusement à ce droit parce qu’elles doivent en plus prouver leur disponibilité dans des démarches stupides et un stress qui les pousse à cet abandon…

Nos mères, nos sœurs, nos filles sont encore en première ligne face aux réductions des politiques sociales et des investissements publics. Elles en sont d’abord les premières bénéficiaires. Ensuite, l’injuste distribution des rôles les poussent à devoir palier dans les familles à ces interventions collectives. Enfin, elles sont très présentes dans le secteur des services, de la santé ou de l’éducation.

Les économies dans les soins de santé visent parfois spécifiquement les femmes (l’augmentation du ticket modérateur pour certaines spécialités comme la gynécologie ou la réduction des jours d’hospitalisation en cas d’accouchement…).

A ces violences politiques, s’ajoutent celles parfois très « physiques » des relations intrafamiliales et aussi celles des plafonds de verre, des planchers gluants ou des écarts salariaux (estimés pour 2016 à 21% mais plus importants si les avantages extralégaux sont considérés !) L’injustice salariale construit brique par brique l’injustice des pensions qui sont corrélées aux rémunérations. Elle sera encore aggravée par la remise en cause des périodes assimilées dans leur calcul.

Le système capitaliste traite les travailleuses comme une ressource surnuméraire, une armée de réserve, une variable flexible. La politique du gouvernement « Michel and Co » les destine à la pauvreté et à la dépendance de conjoints ou de pères, dans le meilleur des cas.

« Travail, famille, patrie », qu’ils disaient…

Nico Cue
Secrétaire général



Die Verdrängung der Frau – ein Zeichen des (wieder) kommenden Faschismus…


Unbekannter als der « unbekannte Soldat » ist … seine Frau. Seine Tochter. Oder seine Mutter… Der ärmste Mann des Landes ist eine Frau, alleinerziehende Mutter und Haushaltsvorstand. Das weibliche Elend wird verdrängt. Vertuscht. Unsichtbar ?


Sämtliche wirtschaftliche Voraussetzungen für ein Wiederaufflammen des Faschismus sind erfüllt. Die Finanzialisierung der Wirtschaft löst Massenarbeitslosigkeit aus. Der Anteil des der Kapitalvergütung zugeführten Betriebsgewinns ist enorm: 87% in den Geschäftsjahren zwischen 2013 und 2015 für die belgischen Unternehmen außerhalb des Finanzsektors, die ihre Jahresabrechnung bei der BNB veröffentlichen (AFIN-A-Statistik)! Die Investition in beschäftigungsfördernde Vorhaben muss der alleinigen Kapitalvergütung weichen. Beschäftigung und Entgelte haben sich zu den einzigen Variablen zur Anpassung der Wettbewerbsfähigkeit an die globalisierten Märkten entwickelt.  Das Gefühl, dass unser Schicksal uns aus den Händen gleitet, wird immer stärker. Der Demokratiegedanke weicht zurück. 

Die politischen Voraussetzungen für die Wiederauferstehung des Grauens sind ebenfalls gegeben. Der Auftritt zweier zweifelhafter Abenteurer auf der politischen Bühne, die zwar gewählt wurden, deren Politik jedoch den Interessen ihrer Wählerinnen und Wähler schadet, lässt den Beginn eines neuen unerträglichen Zeitalters vermuten. Im Übrigen löst die fragwürdige Beziehung einer bestimmten politischen Klasse zum Geld fieberhafte Spannungen zwischen denen aus, von denen Entsagung gefordert wird, und denen, die diese aufzwingen und sich gleichzeitig großzügig mit der eigenen Ethik und Moral und/oder der Verwaltung der öffentlichen Mittel  « arrangieren». In diesem Klima kann sich keine Demokratie entfalten. 

Die sozialen Voraussetzungen für die Rückkehr des Wolfs im Schafspelz sind auch deutlich vorhanden. Die Unfähigkeit der sozialen Bewegungen, und sonderbarerweise auch der Gewerkschaften, der Aggression ebenbürtigen Widerstand zu leisten, ist die Veranschaulichung dafür. Der gravierendste Indikator für die Rückkehr des Faschismus ist jedoch der Umgang mit der Stellung der Frau. Stillschweigend werden Grundrechte zurückgedrängt – das erkämpfte Recht, über den eigenen Körper zu bestimmen, das kleinlich zugestandene Recht auf Privatsphäre, das eroberte Recht auf vollständige Teilhabe an der Erwerbstätigkeit und Bürgerschaft,… Diese Rückschritte muten wie Stiefeschritte an!

Die Forderung der Gleichstellung gerät ins Abseits!
Die Beherrschung der Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer im kapitalistischen System wird aus der Sicht der Frau durch die Auswirkungen eines Patriarchats verschärft, das wir einfach nicht abschütteln können.

Die Arbeitnehmerinnen widmen ihren Haushaltspflichten in ihrer Privatsphäre immer noch doppelt so viel Zeit wie ihre männlichen Partner. Diese Realität erschwert natürlich ihre Integration in die Arbeitswelt. Sie fallen der von den Arbeitgebern durchgesetzten Politik der Flexibilität zum Opfer, die jedoch keineswegs darauf abzielt, Berufs- und Familienleben besser zu vereinbaren. Sie werden zu Zwangshilfskräften der « Teilzeit » heruntergestuft, mit teilweisem Lohn und lückenhaften Rechten und Ansprüchen. Die Frauen waren größtenteils die unsichtbaren Opfer des Ausschlusses aus der Arbeitslosenunterstützung im Jahr 2015. Als mehrheitlich Teilzeitbeschäftigte werden sie zur Hauptzielscheibe der Halbierung der Arbeitslosenzulagen (Zulagen zur Gewährleistung des Einkommens). Schlimmer noch, sie verzichten zunehmend schweigend auf dieses Recht, weil sie ansonsten gezwungen werden, ihre Verfügbarkeit aufgrund irrwitziger Verfahren unter Beweis zu stellen und sich einem solchen Stress auszusetzen, dass der Verzicht als besser Option erscheint...

Unsere Mütter, unsere Schwestern unsere Töchter stehen auch angesichts der Kürzung öffentlicher Investitionen und des Sozialabbaus an vorderster Front. Zunächst sind sie deren Hauptempfängerinnen. Und dann sehen sie sich wegen der ungleichen Rollenverteilung dazu gezwungen, diese kollektiven Beiträge auszugleichen  - so gut wie es eben geht. Und schließlich sind sie vor allem im Dienstleistungssektor, dem Gesundheitswesen und Bildungssektor vertreten.

Die Sparmaßnahmen im Gesundheitssektor zielen sogar manchmal spezifisch auf Frauen ab (Anstieg der Selbstbeteiligung im Bereich der Gynäkologie oder Kürzung des Krankenhausaufenthalts nach Entbindungen,...).
Neben dieser brutalen Politik stehen in manchen Fällen die höchst « physischen » Familienbeziehungen, die Glasdecken und „klebrigen Böden“ oder das Lohngefälle (im Jahr 2016 geschätzt auf 21%, aber unter Berücksichtigung der freiwilligen Zusatzleistungen noch höher). Die Lohnungerechtigkeit führt Schritt pro Schritt zur ungerechten Verteilung der an die Entgelte gebundenen Renten. Sie wird durch die Gefährdung der gleichgesetzten Zeiträume bei der Rentenberechnung noch verschlimmert. 
Das kapitalistische System behandelt die Arbeitnehmerinnen wie eine unerschöpfliche Ressource, eine Reservearmee, eine flexible Variable. Die Politik der Regierung  « Michel and Co » verurteilt sie zur Armut und - schlimmstenfalls - zur  Abhängigkeit von Ehemännern oder Vätern.

« Arbeit, Familie, Vaterland », oder wie hieß es noch?

Nico Cue
Generalsekretär