Soyons notre propre résolution !

Nous sommes désormais les destinataires de nos propres revendications. Il nous faut simplement avoir le courage de lire la lettre que nous nous sommes envoyée à nous-mêmes. Il ne s’agit pas de modérer ce qui est à l’œuvre. Il ne s’agit pas de négocier pour que le chemin nous soit un peu moins ardu. Il ne s’agit pas d’aménager l’invivable. Il s’agit simplement de ne pas le vivre et de ne le faire vivre à personne. »[i]

Edito de Nico Cué, 5/03/2018.

Siehe Deutsche Fassung unten

En 2013, des Acteurs se trouvaient, venant d’horizons jusque-là séparés, pour déclarer d’une seule voix :

« Que la compétitivité et la rentabilité à tout prix nous tuent à petit feu. Qu’elles vident de sens nos métiers et empêchent que l’on puisse vivre dignement. Que l’austérité est une réponse inacceptable à une crise financière que nous n’avons pas provoquée. Que nous ne pouvons accepter de voir la démocratie confisquée par des institutions non élues. Que la dégradation de notre qualité de vie et de l’environnement est incompatible avec la notion de progrès. Que le manque de perspectives pour les jeunes et la peur du lendemain ne sont pas l’héritage que nous voulons laisser aux générations futures.

Il y avait parmi eux des producteurs, des  agriculteurs, des travailleurs de la culture et du lien social. Des protagonistes. Des curieux.  Des impatients. Tou(te)s citoyen(ne)s ! Ils se sont mis en marche pour mesurer avec les pieds le territoire sur lequel ils entendent être présents. Pour relier les traces d’un avenir souhaitable qui sont déjà là, dans notre paysage. Des expériences ont été tentées. Certains se sont perdus en chemin. D’autres continuent de se retrouver en permanence.

Le « renversement du modèle économique » reste l’actualité de ces « Acteurs des temps présents ». Aujourd’hui encore plus qu’hier. Fédérer ceux qui partagent cette envie, cette nécessité, cette urgence, reste la condition pour fabriquer un autre pays qui soit demain supportable, dans ce pays.

Le 24 février, ces « Acteurs »  ont écrit un texte partagé pour se donner un nouvel élan : « Une déclaration d’extension, un manifeste ». Il précise la Charte de 2013. Il a déjà commencé à évoluer par des notes qui précisent  le contenu de ce qu’ils ont à se dire, de cette expression nouvelle et qui donnent des interprétations concrètes.  Cette assemblée générale a par ailleurs tranché sur ses «instruments statutaires d’actions et d’interventions». Un groupe de travail est désormais en place et reviendra  avec les outils utiles et nécessaires pour se donner des moyens à nos fins!

Ces mots donnent le sens de la reconquête !
Nous sommes nombreux à partager les mêmes constats. Il s’agit, là, de les dépasser.

« Les choses sont telles qu’elles vont nous disent la barbarie à venir. Bien entendu, elle est déjà là. Elle rôde. Cette barbarie, nous ne nous contentons pas de la constater ou de la redouter. Nous la nourrissons. Nous la désaltérons. » Ainsi s’ouvre cette lettre que nous nous adressons. « Cela fait des années maintenant que nous ne nous surprenons même plus d’accepter de l’alimenter et de l’abreuver. Nous lui avons même donné une place au pied de nos lits, nous dormons avec elle. Nous sommes en train de faire la pire des choses qu’il est possible de faire avec la barbarie : nous nous y habituons ».

Les Acteurs des temps présents affirment avec force que le néolibéralisme, nom commun de cette barbarie, est invivable. Il nous a déclaré la guerre. Aucune des choses de nos vies qui ont été rendues difficiles et complexes ne peut plus justifier notre inertie. Il ne s’agit plus de revendiquer et d’attendre un changement politique, ni de convaincre et de négocier notre réalité sociale. « Notre proposition est de faire sécession avec les logiques propriétaires et austéritaires : faire pays dans un pays ».

Cet appel veut, concrètement, sanctuariser les « matières collectives », défendre sans concession, mètre par mètre, les biens communs et les services publics. Mettre en partage des territoires et du temps. C’est-à-dire créer des espaces nouveaux de solidarité, de coopération et de mutualisation.

Il faut, pour y arriver, reconquérir les rues, les quartiers, les communes, les champs, les usines, les ateliers. Se réapproprier nos espaces. Les reconquérir !

« Le peuple de notre pays est la partie dominée et souffrante de la population qui entend ne faire souffrir ni dominer une autre partie de la population. En fabriquant ce pays dans le pays, nous fabriquons, en même temps qu’un rapport de force, une nouvelle légitimé. Cette légitimité en rencontrera une autre, depuis longtemps installée. Nous ne doutons pas des conflits qui s’ensuivront. Nous ne les craignons pas non plus. L’audace est indispensable, seule l’utopie est réaliste. Nous sommes notre propre résolution ».

La MWB est totalement investie dans la nécessité des Acteurs des temps présents.

Nico Cué
Secrétaire général

Lasst uns unsere eigene Resolution sein!

« Wir sind ab jetzt die Adressaten unserer eigenen Forderungen. Wir müssen nur den Mut haben, den Brief zu lesen, den wir an uns selbst gerichtet haben. Es geht nicht darum, zu mildern. Es geht auch nicht darum, einen leichteren Weg zu verhandeln. Es geht nicht darum, sich auf das Unerträgliche einzustellen. Es geht schlicht und einfach darum, es nicht zu ertragen und zu verhindern, dass irgendjemand es ertragen muss. »[i]

2013 trafen sich bis dahin getrennte Akteure mit unterschiedlichen Hintergründen und erklärten mit einer Stimme:

« Die Wettbewerbsfähigkeit und das Gewinnstreben stürzen uns langsam aber sicher ins Verderben. Sie höhlen unsere Berufe aus und machen ein menschenwürdiges Leben unmöglich. Die Sparpolitik ist eine unzumutbare Reaktion auf eine Finanzkrise, die wir nicht selbst ausgelöst haben. Wir können nicht hinnehmen, dass die Demokratie von nicht gewählten Institutionen beschlagnahmt wird. Die Verschlechterung unserer Lebensqualität und Umwelt ist mit dem Fortschritt unvereinbar. Mangelnde Perspektiven für junge Menschen und die Angst vor dem Morgen möchten wir den künftigen Generationen nicht als Erbe hinterlassen. »

Es waren Erzeuger, Landwirte, Beschäftigte im Kultur- und Sozialbereich. Vorkämpfer. Neugierige. Ungeduldige. Alles Bürgerinnen und Bürger. Sie haben sich in Bewegung gesetzt, um mit den Füßen das Gebiet abzulaufen, das sie zu besetzen gedenken. Um die in unserer Landschaft schon hinterlassenen Spuren einer lebenswerten Zukunft zu vertiefen. Es wurden Experimente gemacht. Einige sind vom Weg abgekommen. Andere begegnen sich immer wieder.  

Die « Umwandlung des Wirtschaftsmodells » steht unter diesen « Akteuren der Gegenwart » weiterhin hoch auf der Agenda. Heute mehr denn je. Alle zusammenzuführen, die diesen Wunsch, diese Notwendigkeit, diese Dringlichkeit verspüren, bleibt eine grundlegende Voraussetzung für die Schaffung eines anderen Landes, in dem das Leben morgen erträglich wird.

Am 24. Februar verfassten diese « Akteure » einen gemeinsamen Text, um neue Impulse zu setzen: «Eine allgemeinverbindliche Erklärung, ein Manifest». Darin wird die Charta von 2013 klargestellt. Die Inhalte dieser neuen Konzepte und Ausdruckformen werden präzisiert, und konkrete Auslegungen angeboten. Diese Generalversammlung entschied im Übrigen über ihre « statutarischen Aktions- und Interventionswerkzeuge ». Es wurde eine Arbeitsgruppe gebildet, die nützliche und notwendige Instrumentarien ausarbeiten wird, um uns mit den für die Erreichung unserer Ziele erforderlichen Mitteln auszustatten!

Diese Worte geben der Rückeroberung einen Sinn!
Viele von uns teilen die Wahrnehmung dieser Fakten. Nun gilt es, sie umzuwälzen.

« Alles weist schon auf die anstehende Barbarei hin. Diese ist übrigens schon da. Sie lauert uns auf, streicht herum. Wir begnügen uns jedoch nicht mit dieser Feststellung oder der Furcht davor. Wir nähren sie. Wir tränken sie. » So beginnt der Brief, den wir an uns selbst richten. «Seit Jahren nehmen wir gleichgültig hin, dass wir der Barbarei Nahrung geben. Wir haben ihr sogar einen Platz am Fuß unseres Betts eingeräumt, wir schlafen mit ihr. Wir tun das Schlimmste, was man angesichts der Barbarei machen kann: Wir gewöhnen uns an sie».

Die Akteure der Gegenwart bekräftigen, dass der Neoliberalismus - Eigenname dieser Barbarei – unausweichlich ist.  Er hat uns den Krieg erklärt. Nichts kann unsere Trägheit rechtfertigen, auch nicht unsere schwierigeren und komplexeren Lebensumstände. Es geht nicht mehr allein darum, zu fordern und die politische Wende abzuwarten, zu überzeugen oder unsere soziale Realität zu verhandeln. «Unser Vorschlag ist die klare Trennung vom Eigentums- und Spardenken: die Schaffung eines Landes im Lande».

Dieser Aufruf zielt darauf ab, die « Kollektivbereiche » abzusichern und das Gemeingut und die öffentlichen Dienste entschlossen zu verteidigen. Gebiete und Zeit zu teilen. Mit anderen Worten: neue Räume der Solidarität, Zusammenarbeit und Gegenseitigkeit zu schaffen.

Um dies zu erreichen, müssen Straßen, Stadtteile, Gemeinden, Felder, Fabriken und Werkstätten wiedererobert werden. Unsere Räume wieder vereinnahmt werden. Zurückerobert werden!

« Das Volk unseres Landes ist der leidende und beherrschte Bevölkerungsanteil, der keinen anderen Teil der Bevölkerung beherrschen oder leiden lassen will. Dank der Schaffung dieses Landes im Lande schaffen wir gleichzeitig mit einem neuen Kräfteverhältnis eine neue Legitimität. Diese trifft auf eine andere, seit langem etablierte Legitimität. Es wird zweifellos Konflikte geben. Auch vor diesen schrecken wir nicht zurück. Mut ist unverzichtbar und nur die Utopie ist realistisch. Wir sind unsere eigene Resolution ».
Die MWB setzt sich voll für die Belange der Akteure der Gegenwart ein.

Nico Cué
Generalsekretär