La rentrée des clashes

La droite devait conquérir tous les gouvernements du pays. C’était le programme à la veille de l’été. Elle régnait déjà sans partage sur la Flandre comme sur l’Etat fédéral. Il lui fallait Namur puis Bruxelles et la Fédération... A la rentrée des classes, la « pelle » du 19 juin se solde par la prise en otage des Wallons et… l’échec des putschistes en Région Capitale comme en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Edito de Nico Cué, 11/09/2017.

(siehe Deutsche Fassung unten)

La succession des affaires impliquant toutes les familles politiques traditionnelles a fait tanguer le landerneau. Celle du Samu social qui concerne Bruxelles-Ville seulement a fini par avoir raison du petit cœur du patron des « humanistes ». Benoît Lutgen a donc « débranché la prise » qui le reliait au parti socialiste accusé des maux de la terre. Il a ensuite accroché son wagonnet à la voiture libérale tirée par le train du nationalisme flamand. Tout entier envahi par l’émotion, il a oublié de faire ses calculs pour la Fédération et de prévenir ses partenaires de la coalition bruxelloise.  Allez les convertir après à l’avantage de « vertueux sentiments » qu’ils n’ont pas éprouvés spontanément alors même que l’objet de l’émoi se déployait sous leurs yeux. Le Bastognard fait donc payer aux seuls Wallons les conséquences d’un scandale qui ne les concerne pas. Les Bruxellois mesurent, eux, que leur salut n’a tenu qu’au mépris dans lequel la tête du cdH les tient. Au point de risquer de faire entrer la N-VA dans l’exécutif régional ! Sans en parler avant !

Le PS est donc infréquentable. Plus que la N-VA ! Mais, pas au point de pousser à la démission les chrétiennes éminences des gouvernements qui n’ont pu être renversés dans le dos des électeurs. Charité bien ordonnée ne s’encombre ni de cohérence ni d’éthique excessive.
L’opération n’aura pas été un fiasco pour tout le monde. Le gouvernement Michel reçoit le ralliement des « centristes » à la droite et à ses logiques flamandes comme un cadeau du ciel.  L’occasion fait le larron ; il a donc poussé sur le champignon fin juillet en décidant de nouveaux reculs sociaux (en matière de pension, de service minimum dans les services publics…) et de nouveaux cadeaux aux détenteurs de capitaux (réforme de l’impôt des sociétés qui n’était pas dans le programme initial !). La trajectoire budgétaire est reportée (ce n’était pas dans la déclaration gouvernementale non plus). Le financement des offrandes aux rentiers n’est pas garanti. On verra bien demain… Mais on lorgne déjà sur la sécu et les « bijoux de famille ».

Le parti de De Wever exulte et confirme que c’est au fédéral que le PS la gêne. En Wallonie, il s’en tape et sourit même du coup d’éclat très improvisé du cdH. Il envisage paisiblement une suite à l’expérience « kamikaze » avec un retour du communautaire ! Jambon l’a annoncé.

La com’ pour tout programme
Le cdH a donc ouvert portes et fenêtres à de nouvelles avancées confédérales. Il légitime a posteriori les errances libérales dictées au MR par la N-VA en matière de démocratie économique et sociale. Les démocrates-chrétiens encore sur l’épave humaniste en sont pour leurs frais. Même si coutumiers de ces outrages répétés, ils ont déjà le cuir bien tanné. En un mot comme en cent, les centristes ne se sont pas contentés de déposer les armes face à la droite nationaliste flamande mais ils ont déjà rejoint le MR dans la… collaboration.
Le MR n’en croit pas ses yeux. La Wallonie lui est livrée sans coup férir. La nouvelle majorité qu’il domine est étriquée au Parlement. Elle représente moins d’un électeur sur deux. Mais il est au pouvoir.  En un an, il ne pourra pas imprimer de nouvelles politiques, c’est évident.  Beaucoup de chantiers peuvent être ruinés. Mais même détruire prend aussi du temps. Les libéraux se sont donc fixé une ligne de conduite éolienne : faire du vent, communiquer et marquer les esprits…

Ils ont d’ailleurs choisi comme ministre de l’Economie un spécialiste de la com’. Il est chargé de faire comprendre combien il est avantageux que les Wallons « fassent » comme les Flamands. Qu’ils deviennent « normaux » c’est à dire « de droite » et « soumis »… aux intérêts du Nord. Il invite ainsi Francken qui se comporte comme un facho dans le dossier de l’asile pour faire des selfies devant un centre pour réfugiés à qui on promet du boulot. Rien de moins. Il agresse dans le même temps les chômeurs wallons et annonce la « fin de l’assistanat » (©Alda Greoli – ministre cdH) et de la « culture de l’excuse ».

En deux mois, Pierre-Yves Jeholet n’a pas montré qu’il maîtrisait déjà ses dossiers mais il a occupé, seul, tout le terrain. Il définit ses cibles (au rang desquelles la FGTB semble figurer en bonne place) et annonce pour qui il roule. A peine finissait-il d’injurier les sans-emploi qu’il s’empressait de déclarer dans le dossier des « discriminations à l’embauche », qu’il ne fallait pas …«stigmatiser les employeurs».

D’aucuns s’interrogent sur la modernité de la lutte des classes. La rentrée des clashes dissipe toute ambiguïté en la matière.

Nico Cué
Secrétaire général

 

Pünktlich zum Ende der Sommerpause  

Die Rechte sollte alle Regierungen landesweit besetzen. Dies stand vor der Sommerpause auf dem Programm. Sie war schon Alleinherrscher in Flandern und auf föderaler Ebene. Sie brauchte erst Namur, dann Brüssel und die Föderation… Pünktlich zum Ende der Sommerpause endet das, was am 19. Juni begann, mit der Geiselnahme der Wallonen und ... dem Scheitern der Putschisten – sowohl in der Hauptstadtregion als auch in der Föderation Wallonie-Brüssel.


Die ständigen Skandale sämtlicher herkömmlicher politischer Familien haben viel Wirbel verursacht. Der Skandal um die Obdachlosenhilfe Samu Social in der Stadt Brüssel hat schließlich auch den Boss der «Humanisten» überwältigt. Benoît Lutgen hat also den « Stecker rausgezogen», der ihn mit der sozialistischen Partei verband, die der übelsten Taten bezichtigt wird. Er hat sein Wägelchen allerdings schleunigst an den Zug der Liberalen angekoppelt, der von den flämischen Nationalisten angetrieben wird. Sichtlich gerührt hat er offenbar die Föderation aus dem Auge verloren und vergessen, seine Partner der Brüsseler Koalition zu unterrichten. Nun gilt es, sie von den « edlen Gefühlen » zu überzeugen, die sie spontan nicht empfanden, obwohl das Objekt der Gefühle sich vor ihren Augen ausbreitete. Der Mann aus Bastogne lässt also einzig die Wallonen den Preis für einen Skandal  bezahlen, der sie nichts angeht. Die Brüsseler gehen davon aus, dass ihre Rettung nur auf die Verachtung der CDH-Spitze zurückzuführen ist. Dies ging so weit, dass sogar der Einzug der N-VA in die regionale Exekutive in Kauf genommen wurde! Ohne dies vorher zu thematisieren!

Die SP ist allseits geächtet.  Mehr noch als die N-VA! Aber nicht so sehr, als dass der Rücktritt der christlichen Regierungseminenzen gefordert würde, die nicht hinter dem Rücken der Wähler gestürzt werden konnten. Die Nächstenliebe beginnt erst mal zu Hause und schert sich kaum um Kohärenz und ethische Belange.

Die Operation endete allerdings nicht aus der Sicht aller Beteiligten in einem Fiasko. Die Michel-Regierung erfreut sich des Rechtsrucks der « Zentristen », die sich damit der flämischen Denke annähern – ein Geschenk des Himmels. Gelegenheit macht bekanntlich Diebe; so zog sie Ende Juli mit der Verabschiedung weiterer sozialer Rückschritte (im Bereich der Renten, Mindestdienste im öffentlichen Sektor,…) und neuer Geschenke für die Kapitaleigner (im ursprünglichen Programm nicht vorgesehene Unternehmenssteuerreform!) erst mal das Tempo an. Der Budgetierungsprozess wird verschoben (auch dies stand nicht in der Regierungserklärung). Die Finanzierung dieser Geschenke ist nicht gesichert. Wir werden sehen... Aber es wird schon auf die soziale Sicherheit und « den Familienschmuck » geschielt.

Die Partei von De Wever frohlockt und bekräftigt, dass die SP auf föderaler Ebene stört. In der Wallonie ist ihm das völlig egal, und er grinst sogar angesichts des improvisierten Paukenschlags des CDH. Er zieht gelassen die Fortsetzung der « Kamikaze-Aktion » und Rückkehr zum Kommunitarismus in Betracht! Jambon hat’s angekündigt.

Das Programm? Kommunikation
CDH hat also den erneuten Vorstößen der Konföderation Tür und Tor geöffnet. Die Partei legitimiert im Nachhinein die dem MR von der N-VA aufgezwungenen liberalen Irrgänge auf dem Gebiet der wirtschaftlichen und sozialen Demokratie. Die auf dem humanistischen Wrack verbliebenen Christ-Demokraten haben das Nachsehen. Auch wenn sie – an wiederholte Missachtung gewöhnt – inzwischen eine dicke Haut haben. Kurzum, die Zentristen haben angesichts der flämischen nationalistischen Rechten nicht nur die Flinte ins Korn geworfen, sie sind zu den Reihen des MR gestoßen, und zwar im Geiste der ... Zusammenarbeit.

MR traut seinen Augen kaum. Die Wallonie wird der Partei auf dem Teller serviert. Die neue beherrschende Mehrheit im Parlament ist begrenzt. Sie vertritt noch nicht einmal jeden zweiten Wähler, hat aber die Macht. In einem Jahr kann sie keine neue Politik drucken, so viel ist klar. Vielen Baustellen droht der Abriss. Aber auch Zerstörung kostet Zeit.  Die Liberalen haben sich ganz der Windkraft verschrieben: Wind machen, kommunizieren und in den Köpfen hängen bleiben...

Sie haben als Wirtschaftsminister übrigens einen Kommunikationsexperten ausgewählt. Seine Aufgabe ist, verständlich zu machen, wie vorteilhaft es ist wenn die Wallonen es wie die Flamen machen. Dass sie « normal » werden sollen, oder anders formuliert « rechts » und  « untergeben »… den Interessen des Nordens. In Sachen Asylpolitik lädt er auch den faschistisch auftretenden Francken zum Selfie vor einem Zentrum für Flüchtlinge ein, denen Arbeit versprochen wird. Beachtlich. Gleichzeitig greift er wallonische Arbeitslose an und kündigt das « Ende der Sozialleistungsabhängigkeit » (©Alda Greoli – CDH-Minister) und der «  Kultur der faulen Ausreden » an.

In aller Kürze legt Pierre-Yves Jeholet an den Tag, dass er seine Themen zwar nicht gründlich kennt, aber ganz allein schon das ganze Terrain besetzt.   Er legt seine Angriffsziele fest (unter denen die FGTB einen guten Platz erringt) und bekennt klar Farbe. Kaum wurden die Arbeitslosen beschimpft, beeilt er sich, zum Thema der « Diskriminierung bei der Einstellung» zu erklären, …« die Arbeitgeber dürfen nicht an den Pranger » gestellt werden.

Mancher stellt den modernen Klassenkampf in Frage. Am Ende der Sommerpause ist auch der letzte Zweifel zerstreut.

Nico Cué
Generalsekretär