Le gouvernement gouverne mais qui décide vraiment ?

Le gouvernement gouverne. Il écrit le présent. Mais qui tient réellement la plume ? Et qui est plumé à la fin de l’histoire ?

Edito de Nico Cué, 17/03/2017.

(siehe Deutsche Fassung unten)

Personne n’en doute, on raconte aux pigeons des histoires légères au moment de les plumer.  Toutes déclinent à peu près la même fable des « sacrifices nécessaires pour vivre mieux ». Le masochisme, obscure perversité qui pousse à trouver son plaisir dans la douleur et les humiliations, est alors porté au rang de vertu morale. Sacrifier son présent au nom d’un futur promis rayonnant constitue l’inépuisable fonds de commerce des sectes et de leurs gourous.
Dans l’analyse des décisions gouvernementales, vérifier qui a dicté lois et décrets est sans doute plus utile que le ronronnement des berceuses qui annoncent l’arrivée du marchand de sable et les beaux rêves.

Régulièrement, ici, nous avons rappelé combien depuis le « Plan global », tous les efforts qui nous ont été imposés pour sauver la sécu ou rendre l’avenir possible, l’ont été au nom des… « Générations futures ». Le « Plan global », c’était en 1993. Sous un gouvernement Dehaene. Le « taureau de Vilvorde » n’est plus. Les plus jeunes ignorent sans doute qui il fut. Et les « générations futures » de son temps sont les adultes d’aujourd’hui. Ses successeurs au « 16 » leur tiennent le même discours qu’à leurs parents. Ils chantent les mêmes chansons et servent une même soupe austéritaire réchauffée comme un café recuit. Toujours pour leur bien, évidement, et celui, aussi, de leurs propres marmailles…

La promesse des beaux jours après l’amputation bout à bout, morceaux après morceaux, convainc de moins en moins. Qui croit encore que le futur de nos gosses sera plus simple que le fut le nôtre ? L’ascenseur social est en panne et l’escalier est bien encombré. Ce n’est pas un accident. Ce n’est pas un passage à vide. C’est le fruit d’un projet qui n’est pas celui de servir les intérêts de la plus grande partie de la population. C’est celui d’obéir aux entreprises et à leurs propriétaires. Parce que la société continue d’espérer - à défaut de pouvoir encore le croire - qu’ils pourraient peut-être, enfin, créer l’emploi qui manque. Bien coincé dans leur fauteuil, les enfants gâtés dictent alors la loi. Celle qui ne profite qu’à eux.

La preuve par 2004…
Dix ans et quelques après le « Plan global », la Fédération des Entreprises de Belgique, publiait en juillet 2004, un document fondamental sur une question qui reste de brûlante actualité : le «Masterplan FEB fin de carrière».

Depuis, 7 gouvernements fédéraux se sont succédé. Cinq Premiers ministres différents. Presque tous les partis politiques du pays ont participé au pouvoir. Ce qu’ils ont fait du programme des maîtres laisse pantois.

Morceaux choisis :
« Le fait de travailler plus longtemps doit être plus payant – le fait de travailler moins longtemps doit l’être moins ». La FEB énumère une liste de propositions pour mettre en œuvre le principe énoncé :
-    «  suppression progressive du complément de prépension
-    (…) diminution des assimilations pour le calcul de la pension en cas de départ anticipé
-    la pension complémentaire ne peut être réclamée qu’à partir de l’âge de la pension légale
-    (…) l’augmentation de la condition d’âge pour la prépension
-    (…) le relèvement programmé des exceptions en deçà de l’âge de 60 ans (58 ans)
-    des mesures de démantèlement des barèmes liés à l’âge
-    une réduction du coût salarial pour les travailleurs de plus de 50 ans nouvellement engagés…
-    une vérification permanente de la disponibilité de tous les chômeurs, indépendamment de leur âge
-    le relèvement obligatoire de l’âge de la pension ».
Et d’ajouter : « Sans vouloir proposer des mesures strictes, la FEB insiste sur la surveillance minutieuse des voies alternatives vers l’inactivité (…), l’invalidité et son contrôle (…), l’effectivité du contrôle de la disponibilité des chômeurs âgés ».

Aujourd’hui, le cauchemar se fait réalité. Les citoyens n’élisent pourtant pas les représentants de la FEB. Mais c’est bien son programme qui est mis en œuvre par les élus du peuple. Les patrons tiennent la plume. Le gouvernement pousse même obséquieusement le bouchon au-delà de leur souhait. En 2004, la FEB dictait : « des mesures visant à relever l’âge de la pension ne sont pas prioritaires ».
Aujourd’hui, pour l’équipe N-VA/MR, si…

La FEB ne sert pas les intérêts des travailleurs ; c’est peu de le dire. Les salariés représentent 80% de la population active et 60% de la population totale. Comment comprendre, dans un fonctionnement démocratique, que des intérêts très minoritaires et qui blessent ceux d’une majorité de citoyens puissent triompher aussi largement et aussi durablement ?

Beau sujet d’indignation pour une commission parlementaire d’enquête sur le fonctionnement de la démocratie représentative?

Nico Cué
Secrétaire général

 

Die Regierung regiert, aber wer entscheidet?

Die Regierung regiert. Sie schreibt Gegenwart. Aber wer führt die Feder? Und wer wird am Ende gefedert ?

Kein Zweifel, bevor man jemanden reinlegt, lullt man ihn zuerst gern ein. Alle reden immer wieder von den ominösen « Opfern», die jetzt gebracht werden müssen, um später besser zu leben. Masochismus – der obskure Trieb, sich am Schmerz und an der Erniedrigung anderer Menschen zu erfreuen  - wird gleichsam zur Tugend erhoben. Seine Gegenwart einer in Aussicht gestellten strahlenden Zukunft zu opfern, ist dies nicht das Tagesgeschäft der Sekten und Gurus?

Bei der Analyse der Regierungsentscheidungen ist es durchaus spannender sich mit denen auseinanderzusetzen, die diese Gesetze und Dekrete aufzwingen, als sich von den Märchen einlullen zu lassen, die das Sandmännchen und süße Träume versprechen.

So hören wir regelmäßig, dass die von uns seit dem « globalen Plan » abverlangten Kraftanstrengungen, um das System der sozialen Sicherheit zu retten und unsere Zukunft zu sichern,… für die « künftigen Generationen » erbracht werden. Der « globale Plan » wurde 1993 eingeführt. Unter einer der Dehaene-Regierungen. Aber den  « Stier von Vilvorde » gibt es nicht mehr. Die Jüngeren kennen ihn vermutlich gar nicht. Und die « künftigen Generationen » seiner Zeit sind die heutigen Erwachsenen. Seine Nachfolger der « Nummer 16 » schwingen nun gegenüber den Eltern dieselben Reden wie damals. Sie singen dieselben Lieder und servieren die aufgewärmte Brühe der sogenannten Sparpolitik. Es geht selbstverständlich weiterhin um ihr Wohl, und wieder um das ihres Nachwuchses…

Das Versprechen des künftigen Glücks nimmt inzwischen jedoch kaum noch einer ab - nach dem schrittweisen Abtragen der Errungenschaften in allen möglichen Bereichen. Wer glaubt schon noch, dass die Zukunft unserer Kinder einfacher wird als es unsere damals war? Die soziale Leiter ist morsch und überfordert. Dies ist weder vorübergehendes Tief noch ein Zufall. Es ist das Ergebnis eines Projekts, das nicht auf die Interessen eines Großteils der Bevölkerung ausgerichtet ist und bei dem es nur darum geht, den Unternehmen und deren Eignern zu gehorchen.  Weil die Gesellschaft immer noch hofft – was sie sich kaum zu glauben traut – dass endlich die ersehnte Beschäftigung doch noch geschaffen wird. Die verwöhnten Kinder diktieren dann die Gesetze aus ihren bequemen Sesseln. Die nur ihnen dienlich sind.

Der Beweis? 2004…

Knapp ein Dutzend Jahre nach dem  « globalen Plan » veröffentlichte der Verband Belgischer Unternehmen im Juli 2004 ein Grundlagenpapier zur weiterhin brennend aktuellen Frage des « VBU-Masterplans für das Laufbahnende ».

Seither sind 7 föderale Regierungen aufeinander gefolgt. Fünf verschiedene Premierminister. Fast alle politischen Parteien waren an der Macht. Was sie aus dem Masterplan machten, ist einfach atemberaubend. Eine besondere Auswahl:

« Längere Erwerbstätigkeit muss sich lohnen – kürzere Erwerbstätigkeit muss ungünstiger sein». Der VBU listet seine Vorschläge auf, um diesen Grundsatz in die Tat umzusetzen:

  • «  progressive Abschaffung des Frührentenzuschlags

  • (…) Reduzierung der bei der Berechnung der Rentenansprüche berücksichtigten gleichgesetzten Zeiträume im Falle des Vorruhestands  

  • die Zusatzrente soll erst ab dem gesetzlichen Rentenalter beansprucht werden können

  • (…) Anhebung des Frührenteneinstiegsalters

  • (…) geplante Anhebung der Ausnahmeregelungen ab 60 Jahren (58 Jahre)

  • Maßnahmen zum Abbau der altersgebundenen Tarife

  • Senkung der Lohnnebenkosten im Falle der Neueinstellung von Arbeitnehmern über fünfzig…

  • Laufende und altersunabhängige Kontrolle der Verfügbarkeit sämtlicher Arbeitsloser

  • Zwingende Erhöhung des Renteneintrittsalters ».

Und weiter heißt es: « Ohne strikte Maßnahmen vorzuschlagen unterstreicht der VBU, dass Alternativen zur Erwerbslosigkeit (...), die Kontrolle der Invalidität (...), die Effizienz der Überprüfung der Verfügbarkeit älterer Erwerbsloser (...) sorgfältig untersucht werden müssen ».

Heute ist aus dem Albtraum Wirklichkeit geworden. Obwohl die Bürgerinnen und Bürger die Mitglieder des VBU gar nicht gewählt haben. Und dennoch wird gerade ihr Programm von den Volksvertretern umgesetzt. Die Arbeitgeber führen die Feder. Die Regierung übertreibt es in ihrer Unterwürfigkeit sogar: Im Jahr 2004 diktierte der VBU: « Maßnahmen zur Erhöhung des Renteneinstiegsalters sind keine Priorität ».

Für die heutigen Parteien N-VA/MR sehr wohl...

Der VBU bedient nicht die Interessen der Arbeitnehmerinnen und Arbeitnehmer – und dies ist noch untertrieben. Die Lohnempfänger machen 80% der erwerbstätigen Bevölkerung und 60% der Gesamtbevölkerung aus. Wie ist es zu verstehen, dass in einem demokratischen System die Interessen einer kleinen Minderheit, die für die Interessen der Mehrheit der Bürgerinnen und Bürger höchst schädlich sind, so lange und so umfassend überwiegen können?

Ein schönes Thema, über das sich die Mitglieder eines parlamentarischen Untersuchungsausschusses empören könnten, der sich mit der Funktionsweise der repräsentativen Demokratie auseinandersetzen würde?

Nico Cué
Generalsekretär