La droite se plante, la gauche est au pied du mur

Echec dans le domaine économique. Echec dans les matières sociales. Echec dans les sondages. La droite a l’art de vendre ses bides comme des perles. Et vous reprendrez bien un second p’tit Michel sauce N-VA ? La propagande turbine à plein régime pour réviser, revoir, « révisionner » la réalité.

Edito de Nico Cué, 22/09/2017.

(siehe Deutsche Fassung unten)

Comment comprendre autrement que la droite puisse sembler gagner la bataille des idées mais recule dans les intentions de vote ? La com’ comme mode de pensée hégémonique n’aurait pas encore gagné tous les esprits. Une résistance est latente. La gauche, morcelée, s’en trouve d’autant plus sûrement confrontée à ses responsabilités, historiques.

La droite se taille une réputation de rigueur dans la gestion de l’économie. C’est presqu’une image de marque. Avec le MR/N-VA, c’est du toc. Selon ses propres critères, la coalition des droites flamandes et libérales belges est « nulle de chez nul ». La dette publique croît. La croissance est moindre que chez tous nos voisins. La trajectoire budgétaire est en berne, en dépit du retournement de la conjoncture. Elle creuse des trous dans la sécu. Elle se prépare à vendre l’actif, nos bijoux de famille, et à brader les services publics. Le pouvoir d’achat des catégories les plus faibles stagne. « Jobs, jobs, jobs », c’est de l’intox  - le taux d’emploi de progresse pas ! -  C’est en fait travail flexible, temps partiel, petits boulots qui appauvrissent les travailleurs… Merci qui ? Le bilan de ce gouvernement de malheur n’est positif que pour les propriétaires d’entreprises qui suffoquent sous les cadeaux (réduction de l’Isoc, blocage des salaires, réductions de cotisation sociale…) et les dividendes (encouragés par une impunité fiscale). Encore heureux que ces électeurs sont à la fois ingrats et de moins en moins nombreux.

Michel Ier est incapable de créer les conditions d’une concertation sociale honorable et équilibrée. Il se prépare ainsi à passer en force avec un nouveau système de « pension à point ». La sécurité sociale organise solidairement le financement des retraites en créant un droit… Le ministre Bacquelaine entend le conditionner demain à la situation économique pour en faire une variable d’ajustement budgétaire. Sous la législature Michel-De Wever, le budget reste une aventure dangereuse payée par les seuls travailleurs (blocage des salaires, économie dans la sécu et les services publics…) Ce gouvernement cogne sur le grand nombre des plus petits en martelant que c’est pour leur bien. C’est le propre des propagandes.

Petites différences et grandes conséquences
Les libéraux crient au loup et voit des communistes partout dans les rues. Ce type de phénomène hallucinatoire a deux causes possibles : une consommation immodérée de substances illicites ou alors un dérèglement pathologique des sens… Les récents sondages semblent, en tous cas, avoir sérieusement abîmé leur sens commun. Certes ils ne valent pas élections mais ils montrent néanmoins que le gouvernement fédéral n’aurait plus de majorité au Parlement. Le cdH devient indispensable à De Wever qui accepte de ranger au frigo ses ambitions communautaires pour une prochaine législature aussi. La nouvelle coalition wallonne (43% des électeurs en 2014) n’aurait, elle non plus, plus de majorité parlementaire suite au recul MR et à l’effondrement des « centristes »… A Bruxelles, ils tutoient même le seuil d’éligibilité. Le coup foireux de Lutgen se solderait ainsi par l’abandon de la Wallonie aux logiques fédérales de la N-VA, d’une part, et à la garantie, de monter au fédéral, en sauvant la coalition de De Wever. Bravo qui ?

La résistance wallonne contre le CETA a créé une ligne de fracture dans la société. Elle a fait trembler le pouvoir économique et ses relais européens. Elle a nourri un sentiment de fierté qui a galvanisé la gauche toute entière en isolant le MR sur l’échiquier politique. In fine, elle se révélera peut-être fatale au cdH. Elle a traduit un moment de rupture face à l’idéologie du libéralisme qu’incarne une mondialisation qui développe la misère et l’inégalité au nord comme au sud. Ce moment a prouvé qu’une alternative reste possible. C’est dans ce creuset que la gauche doit forger de nouvelles alliances qui nous sortent des logiques réactionnaires. La gauche, diverse et divisée, progresse dans les sondages. Elle est au pied du mur. En dépit de différences profondes et parfois de rancœur, l’heure est au rassemblement autour d’un minimum commun fédérateur. Il peut être construit au départ d’une critique commune des logiques européennes, de la réduction collective du temps de travail, des enjeux écologiques planétaires. Y renoncer d’emblée au nom d’une exaltation des «petites différences» fera gagner la droite et aurait de «graves conséquences» !   

Nico Cue
Secrétaire général

 

 

Die Rechte auf dem Holzweg, die Linke in der Pflicht

Schiffbruch in der Wirtschaft. Bauchlandung im sozialen Bereich. Beerdigung erster Klasse in den Meinungsumfragen. Doch die Rechte versteht sich darauf, ihre Fettnäpfchen als Sahnehäubchen zu verkaufen. Nachschlag gefällig? Darf es ein zweiter kleiner Michel an N-VA-Sauce sein? Die Propagandamaschine läuft heiß, um die Realität neu, klarer .... überzeugender darzustellen.

Wie sonst wäre zu verstehen, dass die Rechte die Schlacht der Ideen für sich zu entscheiden scheint? Doch in den Wählerabsichten gerät sie zunehmend ins Hintertreffen. Die von ihr kommunizierten Sichtweisen scheinen die denkende Bevölkerung noch nicht bekehrt zu haben. Unterschwellig regt sich Widerstand und zwingt die gespaltene Linke, sich ihrer historischen Verantwortung zu stellen.
Die Rechte bemüht sich um das Image einer soliden Wirtschaftspolitik. Es wirkt fast wie ein Markenzeichen. Doch im Fall des Gespanns MR/N-VA steckt nicht viel dahinter. Nach ihren eigenen Kriterien ist die Koalition der flämischen Rechten und der Liberalen keinen Pfifferling wert. Die Staatsverschuldung nimmt beständig zu. Das Wachstum fällt geringer aus als in allen unseren Nachbarstaaten. Die Haushaltsfahne weht auf Halbmast – trotz Konjunkturwende. Die Koalition bohrt Löcher in die soziale Sicherheit. Sie schickt sich an, die Kronjuwelen zu verkaufen und den öffentlichen Dienst meistbietend zu versteigern. Die Kaufkraft der schwächsten Bevölkerungsgruppen stagniert. „Jobs, jobs, jobs“ – alles Fake News! Die Beschäftigungsrate wächst keineswegs. Nein, im Grunde wird die Arbeit nur flexibilisiert – durch Teilzeitjobs und Minijobs, die die Arbeitnehmer ärmer machen. Vielen Dank auch! Die Bilanz dieser Unglücksregierung ist nur für die Unternehmer positiv. Sie können sich vor Geschenken (Senkung der Körperschaftssteuer, Lohnstopp, Senkung der Sozialbeiträge ...) und Dividenden (ermutigt durch steuerliche Straffreiheit) gar nicht retten. Glücklicherweise sind diese Wähler nicht nur undankbar, ihre Zahl nimmt auch beständig ab.

Michel I. ist unfähig, die nötigen Voraussetzungen für eine ehrbare und ausgewogene soziale Konzertierung zu schaffen. So legt er es unter anderem darauf an, ein neues System einer „Punkte-Rente“ zu erzwingen. Die soziale Sicherheit organisiert die Rentenfinanzierung solidarisch, indem sie Ansprüche schafft ... Minister Bacquelaine möchte sie morgen jedoch an die Entwicklung der Wirtschaftslage koppeln, um sie zu einer Variablen der Haushaltsanpassung zu machen. Unter der Regierung Michel-De Wever bleibt der Etat ein gefährliches Abenteuer, das ausschließlich von den Arbeitnehmern bezahlt wird (Lohnstopp, Einsparungen bei der sozialen Sicherheit und im öffentlichen Dienst ...) Die Regierung schießt sich also auf die große Zahl der Kleinsten ein, indem sie ihnen einhämmert, dies geschehe zu ihrem Besten. So funktioniert nun einmal Propaganda.

Kleine Differenzen und schwerwiegende Folgen
Die Liberalen schlagen Alarm und sehen Kommunisten an jeder Straßenecke. Diese Art von halluzinierender Wahrnehmung hat zwei mögliche Ursachen: einen übermäßigen Konsum illegaler Stoffe oder eine pathologische Sinnesstörung ... Jedenfalls scheinen die jüngsten Meinungsumfragen ihren gesunden Menschenverstand gehörig getrübt zu haben. Diese entsprechen zwar keinen Wahlergebnissen, zeigen aber, dass die Föderalregierung im Parlament keine Mehrheit mehr hätte. Die CDH wird für De Wever unverzichtbar – für einen De Wever, der bereit ist, seine gemeinschaftlichen Ambitionen auch für die kommende Legislaturperiode auf Eis zu legen. Auch die neue wallonische Koalition (43% der Wählerschaft im Jahr 2014) hätte nach dem Beliebtheitsschwund der MR und nach dem Eigentor der Zentrumshumanisten keine parlamentarische Mehrheit mehr. In Brüssel könnten sie sogar an der Sperrklausel scheitern. Lutgens Schlag ins Wasser hätte somit zur Folge, die Wallonie der föderalen Logik der N-VA auszuliefern ... und auf der Föderalebene die Koalition De Wever zu retten. Na, bravo!

Der wallonische Widerstand gegen das CETA-Abkommen hat einen Riss durch die Gesellschaft getrieben. Er hat die Wirtschaftsmacht und ihre europäischen Verbündeten das Fürchten gelehrt. Er hat einen Stolz geschürt, der die ganze Linke entflammt und die MR auf dem politischen Schachbrett isoliert hat. Letztendlich wird er der CDH vielleicht das Genick brechen. Er bedeutete einen Bruch mit der Ideologie des Liberalismus, verkörpert durch eine Globalisierung, die Elend und Ungleichheit im Norden wie im Süden zur Folge hat. Vor diesem Hintergrund ist deutlich geworden, dass eine Alternative möglich bleibt. Auf diesem Amboss muss die Linke neue Bündnisse schmieden, die uns nicht länger zu reaktionären Denkweisen zwingen. Die vielgestaltige und gespaltene Linke legt in den Meinungsumfragen zu. Doch die Wähler nehmen sie nun in die Pflicht. Trotz gewaltiger Differenzen und zuweilen auch Groll stehen die Zeichen auf Vereinigung um den kleinsten gemeinsamen Nenner. Dieser lässt sich im Bereich einer gemeinsamen Kritik an der europäischen Politik, einer kollektiven Arbeitszeitverkürzung und globalen ökologischen Herausforderungen finden. Durch eine Übersteigerung der „kleinen Meinungsverschiedenheiten“ auf diese Chance zu verzichten, würde der Rechten zum Sieg verhelfen - mit „gravierenden Folgen“.   

Nico Cué
Generalsekretär