Les « leçons » de la N-VA

Mieux vaudrait ne pas avoir de pantalon troué pour grimper à l’arbre de l’éthique et de la bonne gouvernance. La N-VA n’en a cure. Avec elle, c’est « fais ce que je dis, pas ce que je fais ».

Edito de Nico Cué, 30/03/2018.

(siehe Deutsche Fassung unten)

Les ministres fédéraux du parti nationaliste flamand collectionnent les casseroles. L’opinion publique semble leur pardonner. Mais cela n’empêche pas le «boss» de monter au créneau systématiquement pour répéter qu’on ne touchera pas à un des siens.

Début d’année, le gouvernement chancelle suite à la gestion calamiteuse de rapatriements d’exilés soudanais. Francken ne démissionnera pas parce que De Wever a prévenu que sa chute ferait tomber tout le gouvernement.

Le ministre de la Défense vit des heures compliquées. La « Grande Muette » lui a tu l’existence d’un rapport sur la possible prolongation de nos chasseurs bombardiers F16. Leur remplacement constitue un « contrat du siècle ». On allait voir ce qu’on allait voir en matière de transparence dans l’attribution du marché. Là, c’est tout vu. Alors que la population est saignée aux quatre veines par des politiques d’austérité folles, la nécessité d’une dépense publique pharaonique s’estompe… Avec en prime, l’impression qu’à la Défense, ce n’est ni le ministre, ni le gouvernement et moins encore le Parlement qui décide. Anvers a décidé : Vandeput restera.

Au moment des bilans de l’action fédérale, le bulletin NV-A devrait objectivement décevoir.
Johan van Overtveld aura sans doute été le plus mauvais ministre des Finances depuis longtemps. Au point, à droite, de faire regretter son prédécesseur, Didier Reynders. Sa propension à la sous-évaluation des dépenses et à la surestimation des recettes ne l’a pourtant pas empêché d’être approché pour remplacer Jeroen Dijsselbloem à la tête de l’Eurogroupe. La zone euro a des frissons.  Au rayon « bonne gouvernance », l’homme plutôt discret s’est fait remarquer  pour avoir confié en octobre 2017 une mission sur les mécanismes TVA à un cabinet d’avocats dirigé par un copain NV-A de Jambon, ministre de l’Intérieur. Le « bavard », un coquin, avait été condamné à plusieurs reprises pour… abus de confiance, usage de faux et même faillites frauduleuses.

Que dire du président de la Chambre qui s’est illustré sous cette législature par de fracassantes démissions ? En février 2017, la pression médiatique est trop forte : Siegfried Bracke démissionne du conseil d’administration de la société privée de télécommunications, Telenet. Deux mois plus tard, il est éclaboussé par les vagues liées à la mauvaise gestion de la « Caisse de pension des députés ». Elle ne respecte pas, dans son fonctionnement, la loi sur les ASBL. Et comme si cela ne suffisait pas, elle rémunérait du personnel en noir. En janvier, il déserte la SCRL « Artevelde Stadion » de Gand quand émergent dans la presse locale les premiers soupçons sur la légalité des marchés publics concernant la construction de la Ghelamco Arena.

« Junkies wallons » et trafics à Anvers
Et le centurion anversois qui se rêve en Auguste ?
Il ose déclarer sans ambages : « Les juifs évitent les conflits. C’est la différence avec les musulmans ».  L’émoi est profond face à une telle banalisation d’un racisme de comptoir hissé au rang de communication politique du premier parti de Flandre. De Wever missionne alors le bon Jambon sur les ondes et dans les colonnes francophones pour coNV-Aincre : « Allez. C’est n’importe quoi. Nous ne devons pas nous défendre devant des bêtises comme ça. Personne dans notre parti n’est raciste ». Ben voyons…

C’est le même ministre de l’Intérieur qui voulait, au lendemain des attentats de Paris, « s’occuper personnellement de Molenbeek » et « nettoyer la ville ». En 96, De Wever se laissait photographier en compagnie de Le Pen. En 2007, il participe aux funérailles du fondateur du Vlaams Blok, Karel Dillen. Il qualifie d’ « excuse gratuite » la reconnaissance par son prédécesseur à Anvers de la responsabilité de la Ville dans la déportation des Juifs. En 2015, pour stigmatiser les Berbères, il explique : « Je vois trop souvent que le trafic de drogue est aux mains de jeunes Marocains. »

Boucs émissaires commodes alors qu’Anvers est devenue la « porte d’entrée en Europe » pour le trafic de la cocaïne (47 tonnes saisies en 2017) ! Qu’en dépit de moyens considérables fournis, à l’œil, par le gouvernement fédéral, Anvers ne peut juguler la criminalité liée à ce trafic. Un rapport officiel précise que « l’économie d’origine criminelle dans le district de Borgerhout serait même plus implantée que l’économie légale… »

Voilà qui « la fout mal » pour un mec qui déclarait devant les ascenseurs de Strépy en 2010 que les transferts financiers nord/sud, en Belgique, « ne doivent pas être une perfusion comme de la drogue pour un junkie ».

De bonnes âmes nous rétorquent que la N-VA se porte bien dans les sondages francophones. Mais comme les sondés ne pourront pas élire de nationalistes flamands, l’information est aussi sérieuse que si on leur avait demandé s’ils voteraient pour Zwarte Piet.

Nico Cue
Secrétaire général

 

Die « Lektionen » der NV-A

Besser man trägt eine saubere Weste, wenn man den Gipfel der Ethik und Governance erklimmen will. Der NV-A ist das völlig egal. Für sie gilt das Motto « mach was ich sage, nicht was ich mache ».

Bei den föderalen Ministern der nationalistischen flämischen Partei häufen sich die Skandale. Es sieht ganz so aus, als würde die öffentliche Meinung ihnen vergeben. Das hindert den « Boss » nicht daran, sich systematisch dafür stark zu machen, dass keiner in seiner Truppe angerührt wird.

Am Anfang des Jahres wankt die Regierung nach dem katastrophalen Umgang mit den Rückführungen sudanesischer Flüchtlinge. Francken tritt nicht zurück, weil De Wever verkündet, sein Sturz bringe die gesamte Regierung zu Fall.

Auch der Verteidigungsminister erlebt turbulente Zeiten. Die Armee hat ihm einen Bericht über die verlängerte Einsatzmöglichkeit unserer F16 Jagdbomber vorenthalten, deren Auswechslung einem « Jahrhundertvertrag » entspricht. Welche Transparenz hätte wohl bei der Vergabe dieses Auftrags geherrscht? So ist das eben. Vor der Ausblutung der Bevölkerung durch eine zügellose Sparpolitik verblasst die Notwendigkeit einer Ausgabe pharaonischen Ausmaßes...  Und das Beste? Irgendwie hat man den Eindruck, dass weder der zuständige Minister noch die Regierung, und noch weniger das Parlament über die Verteidigungspolitik entscheiden. Antwerpen hat entschieden: Vandeput bleibt.

Es ist der Moment, auf föderaler Ebene Bilanz zu ziehen, und das Zeugnis der NV-A kann objektiv nur enttäuschend sein.
Johan van Overtveld ist bestimmt der schlechteste Finanzminister seit Langem. Die Rechte möchte fast schon seinem Vorgänger Didier Reynders nachweinen. Seine Neigung, Ausgaben zu unterschätzen und Einnahmen zu überschätzen, hat jedoch keineswegs verhindert, dass ihm die Nachfolge Jeroen Dijsselbloems an der Spitze der Eurogruppe vorgeschlagen wurde. Der Eurozone läuft es kalt den Rücken runter. Zum Thema « gute Governance » ist der sonst eher diskrete Mann nämlich dadurch aufgefallen, dass er im Oktober 2017 einer Anwaltskanzlei, die von einem NV-A Genossen des Innenministers Jambon geleitet wird, einen Auftrag zu den Mehrwertsteuerverfahren anvertraute. Dieser « geschwätzige » Windhund wurde schon mehrmals verurteilt - wegen Veruntreuung, Urkundenfälschung und sogar wegen betrügerischer Konkurse.

Und was soll man vom Kammerpräsidenten halten, der in dieser Legislaturperiode mit seinen erschütternden Rücktritten von sich reden macht? Im Februar 2017 üben die Medien zu starken Druck aus: Siegfried Bracke tritt aus dem Verwaltungsrat der privaten Telekomgesellschaft Telenet zurück. Zwei Monate später bricht ein weiterer Sturm über ihn herein: die skandalöse Verwaltung der «Pensionskasse für Abgeordnete». Diese verstößt gegen die VoG-Gesetzgebung. Und als wäre dies nicht genug, bezahlt sie Personal schwarz. Im Januar verlässt er die Genter Gen.mbH « Artevelde Stadion », als die lokale Presse erste Zweifel an der Rechtmäßigkeit der öffentlichen Aufträge zum Bau der Ghelamco Arena äußert.

« Wallonische Junkies » und Drogenhandel in Antwerpen
Und der Antwerpener Zenturio, der sich selbst gern als Augustus sieht?

Wagt es tatsächlich, ohne Umschweife zu erklären: « Die Juden weichen Konflikten aus. Darin unterscheiden sie sich von den Moslems ».  Tiefe Bestürzung angesichts der Verharmlosung eines Thekenrassismus, der somit in den Rang der hohen Politik der ersten Partei Flanderns gehoben wird. De Wever spricht begütigend auf die französischsprachige Presse und den Rundfunk ein und versucht, vom guten Jambon zu überzeugen: « Was für ein Unsinn. Wir brauchen uns doch nicht für solche Dummheiten zu rechtfertigen. Es gibt keine Rassisten in unserer Partei ». Ist das so?

Es ist genau derselbe Innenminister, der sich nach den Anschlägen in Paris « persönlich um Molenbeek kümmern » und « die Stadt säubern » wollte. 1996 ließ sich De Wever in Le Pens Gesellschaft fotografieren. 2007 nahm er am Begräbnis des Gründers des Vlaams Blok, Karel Dillen, teil. Die Anerkennung der Verantwortung der Stadt Antwerpen für die Deportation der Juden durch seinen Vorgänger bezeichnete er als « überflüssige Entschuldigung ». 2015 stigmatisierte er die Berber: « Ich stelle allzu oft fest, dass der Drogenhandel in den Händen von Marokkanern liegt ».

Ein idealer Sündenbock, vor allem wenn man bedenkt, dass Antwerpen sich inzwischen für den groß angelegten Kokainhandel zum «europäischen Eingangstor» entwickelt hat (2017 wurden 47 Tonnen beschlagnahmt)! Und dass es der Stadt trotz beträchtlicher, von der föderalen Regierung bereitgestellter Mittel nicht gelingt, die Drogenkriminalität auszumerzen. In einem offiziellen Bericht heißt es, dass « die kriminelle Wirtschaft im Distrikt Borgerhout offenbar sogar noch besser aufgestellt ist als die reguläre Wirtschaft...».
Dies wirft ein besonders ungünstiges Licht auf jemanden, der 2010 vor den Aufzügen in Strépy sagte, der Finanztransfer von Norden nach Süden «dürfe nicht wie eine Perfusion für einen Drogenjunkie erfolgen ».

Gutgläubige Zeitgenossen erwidern, die NV-A erfreue sich weiterhin guter Umfrageergebnisse im französischsprachigen Belgien. Da die Befragten selbst nicht für die nationalistischen Flamen wählen können, ist diese Information genauso seriös wie die Frage, ob sie den Zwarte Piet wählen würden.

Nico Cue
Generalsekretär