Pourquoi pas une « loi Caterpillar ? »

Pourquoi pas une « loi Caterpillar ? »

L’année prochaine, la « loi Renault » passera le cap des 20 ans d’existence. Il est plus que temps d’en faire un bilan et d’évaluer sérieusement ce qu’elle a apporté comme protection aux travailleurs. Le constat est clair, près de 95% des cas les licenciements annoncés se concrétisent et les directions vont au bout de leurs projets de fermeture ou de restructuration quels que soient les contre-propositions ou contre-arguments mis sur la table par les organisations représentatives des travailleurs.

3/02/2017

A la lumière du cas emblématique de Caterpillar Gosselies, l’occasion se présente de reprendre à bras le corps cette problématique et permettre un vrai renforcement de la législation existante. C’est d’ailleurs un leitmotiv et une revendication constante de la délégation FGTB de l’entreprise depuis le 2 septembre (date de l’annonce de fermeture).

La délégation, qui doit gérer une deuxième procédure Renault en moins de 4 ans, a pu analyser l’ensemble des failles et des manquements de la législation actuelle et souhaite contribuer à ce que les autres travailleurs ne soient pas confrontés aux mêmes difficultés.

1°) Il faut interdire un licenciement collectif qui ne soit basé que sur des motifs boursiers. Un site rentable ne peut pas être restructuré pendant que les actionnaires se gavent de dividendes. Tant qu’il sera possible d’enclencher une procédure sur ces bases-là, nous aurons toujours une longueur de retard sur un patronat sans scrupules.

2°) Lorsqu’elle décide de fermer un site, l’entreprise doit en faciliter la ré-industrialisation. Nous avons aujourd’hui dans notre paysage trop de friches industrielles laissées à l’abandon. Les employeurs doivent contribuer à la reprise d’activité(s) sur le site en le cédant sans aucune contrepartie ou en participant financièrement à sa relance.

Chez Caterpillar nous placerons en haut de nos revendications la cession d’un site construit durant des décennies par la sueur des travailleurs et les efforts de contribuables à travers les aides à l’investissement.

3°) Rendre contraignantes les alternatives proposées lorsqu’elles sont validées par une autorité indépendante. Depuis le 2 septembre, nous avons mis sur la table un nombre important de contre-propositions. Une alternative à la fermeture, qui était de l’aveu même de l’entreprise économiquement et techniquement viable, a été formellement déposée. Mais comme chez Doosan, ACV, SAPA, et tant d’autres entreprises, elle a été balayée pour des raisons purement financières. Nous devons imposer aux entreprises de maintenir un maximum emploi lorsqu’il est démontré que cette solution est viable.

4°) L’obligation d’un plan social, car nous constatons de plus en plus que les entreprises essaient de s’en tirer à bon compte lors d’un licenciement collectif.  Il faut enfin protéger les travailleurs et rendre obligatoire la négociation d’un plan social qui permette aux travailleurs d’affronter un peu plus sereinement la restructuration ou la fermeture de leur entreprise.

5°) Les entreprises donneuses d’ordres doivent prendre leurs responsabilités. Les travailleurs des entreprises sous-traitantes ont également participé aux richesses générées. Ils doivent également être protégés que ce soit dans l’information et la consultation mais également dans les autres phases de la procédure.

La délégation FGTB nous le confirme : même si les travailleurs sont conscients que des éventuelles améliorations n’auront aucun impact sur la procédure en cours, ils mèneront ce combat aux côtés de la MWB et de la FGTB pour qu’enfin on protège les travailleurs et pas les multinationales.

La délégation et la Fédération des Métallurgistes FGTB Hainaut-Namur se battront jusqu’au bout pour récupérer ce site et à nouveau le faire tourner avec comme priorité l’emploi de qualité qui génère de la protection sociale.