Ensemble on est plus forts

Ensemble on est plus forts

Grâce à la solidarité et la pression des travailleurs d’entreprises sous-traitantes d’Audi Brussels, les travailleurs de Formel D, autre sous-traitant opérant sur le même site, mais n’ayant pas de représentation syndicale, ont pu obtenir un plan social alors que la direction ne voulait rien entendre.

15/06/2018

Nous avons demandé à Abel Gonzalez, permanent de la Fédération des Métallurgistes du Brabant, de nous relater le déroulement des négociations.

En Belgique, Formel D est - par sa taille - un petit sous-traitant d’Audi Brussels situé sur le site de l’Automotive Park à Bruxelles. Cette société fait partie d’un groupe international qui emploie 9.000 personnes dans 19 pays. Sur le site de l’Automotive Park, Formel D prépare et « tune » les voitures une fois produites, pour des clients bien spécifiques.  Elle  emploie sur le site bruxellois  17 travailleurs dont  6 intérimaires.  17+6, seuil malheureusement, insuffisant pour avoir une représentation syndicale…

La direction de Formel D  a annoncé l’arrêt de ses activités pour le 31 juillet 2018 suite à l’arrêt de la production de l’Audi A1. L’entreprise  ne s’est pas vue renouveler son contrat avec  Audi Brussels qui est l’unique client. Des travailleurs de l’entreprise ont pris contact avec le permanent de la MWB-FGTB, Abel  Gonzalez, afin de les aider à obtenir un plan social. Abel  leur a expliqué qu’en raison de la taille de l’entreprise, il n’y avait aucune obligation pour l’employeur d’octroyer un plan social. Par contre, il était prêt à organiser une réunion avec la direction afin d’obtenir « quelque chose », moyennant le soutien des travailleurs.  Une lettre a été écrite en ce sens afin d’organiser rapidement une réunion, de discuter de l’avenir de l’entreprise et de l’éventualité d’un plan social.

Abel précise que « la direction a répondu favorablement à la demande de réunion.  Elle était prête à nous recevoir, en front commun.  Lors de cette réunion, la direction a confirmé que l’entreprise fermerait bien le 31 juillet  car il n’y avait pas de nouveaux contrats pour le modèle électrique ».   La direction a réitéré sa volonté de respecter strictement les conditions légales de licenciement.  Abel a rappelé à la direction que cela constituerait une première dans le secteur automobile…En effet,  dans ce secteur, tous les sous-traitants, petits ou grands, ont toujours eu un plan social en cas de restructuration ou fermeture d’entreprise.

« Au départ la direction s’est braquée et ne voulait respecter que le strict minimum légal.  Nous avons prévenu que s’il n’y avait pas de plan social il y aurait des arrêts de travail au sein de Formel D. La direction ne semblait  pas avoir peur de l’arrêt de travail,  allant jusqu’à dire que si les salariés se mettaient en grève ils ramèneraient des travailleurs d’Allemagne pour remplacer les grévistes ! », ajoute Abel.

Les syndicats ont alors prévenu la direction que si elle passait à l’acte, ce ne seraient pas uniquement les travailleurs de Formel D qui arrêteraient le travail,  mais l’ensemble des  travailleurs de toutes les entreprises sous-traitantes sur le site d’Automotive Park (Plastic Omium, Weerts, Wallenius).

A la fin de cette première réunion, une seconde date a été fixée, le temps que la direction belge demande les instructions à la direction allemande.  L’organisation syndicale  a profité des 20 jours entre les deux réunions pour mobiliser au maximum les travailleurs des autres sites, en solidarité avec les travailleurs de Formel D. Un tract a été distribué aux travailleurs.  Abel précise : « Nous  avons prévenu les directions des autres entreprises sous-traitantes qu’il y aurait des arrêts de travail s’il n’y avait pas de plan social pour les travailleurs de Formel D ».

Lors de cette seconde réunion, qui s’est déroulée le 23 mai, les organisations syndicales et la direction sont tombées d’accord sur un plan social pour les travailleurs de Formel D. C’est la solidarité et la pression des travailleurs des autres entreprises sous-traitantes qui ont permis de faire en sorte que les travailleurs de Formel D ne  partent pas les mains vides. Et cet accord a été obtenu sans une seule heure d’arrêt de travail, uniquement grâce  à la pression des autres travailleurs.  Cela démontre encore une fois la force de la solidarité entre travailleurs dans le combat syndical.

Ensemble on est plus forts !

La Fédération des Métallurgistes MWB-FGTB du Brabant